Buck Riley Jr portrait
Buck Riley Jr
Décédé

Petit dernier d'une famille d'éleveurs d'Irvington, Buck Riley Jr était l'héritier du ranch familial. Habitué à la vie au ranch, en forêt à chasser, il se tenait loin du monde. Après avoir offert le repos éternel à son père, il a pris un sac à dos, un flingue et s'est mis à marcher tout droit. Vers où ? Il sait pas trop. Ca n'a plus d'importance.

“Mes derniers mots”

Lire seul →

Thorgar aurait pu me descendre là, mais on est rentré à la maison. On s'est couché une fois arrivé, sans rien dire de plus. J'ai peur de me transformer dans la maison, j'ai dormi dans mon coin, mais ça avait pas l'air d'inquiéter Thorgar.

Au matin, Chuck était en train de s'affairer autour de la maison. Y a la ratonne qui est décédé après avoir donnée naissance à son bébé.

Je voulais creuser ma tombe hors du terrain de la maison, mais Chuck a pas voulu. Il a fait un trou sous l'arbre à côté des animaux. Il voulait que je reste dans un coin tranquille.

Thorgar, merci pour le temps qu'on a pu passer ensemble. J'aurais aimé finir un jour par connaître ta routine capillaire, quand on se retrouvera dans l'après tu pourras me donner tes secrets. Essaye de prendre ton temps, c'est pas pressé. Lâche rien et prenez soin l'un de l'autre avec Chuck. Je suis désolé de vous lâcher comme ça en cours de route. J'aurais aimé que le chemin soit plus long, mais je suis reconnaissant pour le temps passé ensemble.

Chuck, je sais pas trop quels mots assembler pour résumer ce que je souhaiterai te dire. Merci... Pour tout. Si on s'était pas croisé ce matin là au Motel, je pense pas que j'aurais tenu aussi longtemps. Je n'aurais certainement pas aussi bien vécu. Je suis désolé de t'abandonner si tôt. Je nous imaginais déjà passer nos vieux jours tranquilles, à partager une bière toi, Thorgar et moi. On venait peut-être pas de la même famille, mais cette apocalypse m'aura permis de me trouver un frère. Maintenant, ça va être à mon tour de veiller sur toi. Je sais pas si tu crois à la vie après la mort, mais même si tu y crois pas je continuerai à surveiller tes arrières.

✦

“Fin du chemin, Irvington”

Lire seul →

On est parti en début de matinée avec Thorgar. Quelques vivres dans le coffre, une idée approximative d'où on voulait aller. On s'est arrêté sur le chemin à une usine de bois dont il avait entendu parler je crois. Au final, y avait pas grand chose. On y a passé presque une journée à tuer des Zeds, se reposer, se remettre en marche, tuer d'autres Zeds. Thorgar a chopé une sacrée toux, ça fait des jours qu'on est sous la flotte en permanence tellement il pleut. Je l'ai un peu chambré sur sa tenue, s'il avait au moins une veste peut-être qu'il serait pas en train de cracher ses poumons.

On aurait pu s'arrêter là, mais ça fait des jours que ça me démange. Peut-être que j'ai l'espoir naïf et stupide que quelqu'un puisse avoir survécu à tout ce bordel. Que même si j'ai perdu Pa' et que je sais pas où sont Otis et Tucker, il reste peut-être quelque chose de familiers dans les parages.

J'aurais pu tourner à droite vers la maison, mais j'ai fait un choix. Thorgar a rien dit. Il s'est contenté d'hocher de la tête en recommençant à déchirer du tissu tranquillement malgré son rhume et ses quintes de toux. Il est solide. Increvable carrément.

On a commencé par nettoyer le voisinage un peu éloigné de la ville avant de s'arrêter au garage à l'entrée de la ville et le magasin lui faisant face. La nuit est tombée, mais c'est pas le genre de mon binôme de se cacher dans une maison jusqu'au levé du jour. Je me suis retrouvé une lampe torche dans une main, ma batte dans l'autre. C'est sacrément moins efficace, mais ça fait le taff. On a avancé comme ça tranquillement la majorité de la nuit. Il faisait tellement noir qu'on a raté la station de pompier et qu'on a finit par vider la mairie. Je l'entends déjà le vieux McCoy nous passer un savon sur la prise de risque inutile.

J'en rigolerai si la situation était différente.

Tout semblait facile, un peu trop facile. On a continué à avancer dans la ville en se reposant l'un après l'autre jusqu'à arriver à la station essence et au vidéo store installé derrière. On s'est fait le parking, puis le tour du magasin. Thorgar a vidé ses affaires dans le humvee le temps que je mange un bout. Y avait plus personne autour, ça semblait presque serein.

Si j'ignorais les trainées de sang sur le sol, les corps étendus de leur long ci et là, j'aurais pu imaginer revoir mes camarades de classe venus louer des cassettes pour le weekend. Comme si j'étais venu acheter de quoi manger avant de rentrer au ranch tout en faisant le plein du pickup de Pa'. Au lieu de quoi, la ville dégageait une puanteur insoutenable et ne résidait plus ici que les cadavres et nous.

J'ai perdu Thorgar une seconde de vue. Je pense que je me suis peut-être un peu perdu dans mes souvenirs. Je l'ai pas entendu. Ils font tous un bruit si reconnaissable, le râle rauque et monstrueux s'échappant de leurs gorges putréfiées me tenant éveillé la nuit parfois. Là... Le silence.

J'ai même pas pousser un cri, rien. Malgré mon dégoût du sang, j'ai bandé proprement les trois morsures, la griffure aussi. Thorgar a du entendre la lutte, il est revenu sans que je doive l'appeler. J'ai rien dit.

Il a du comprendre à ma tête ce qui venait de se passer. J'avais pas la force de l'expliquer.

Putain. Je vais devoir l'annoncer à Chuck. Je sais pas comment lui dire.

✦

“Un mois tranquille”

Lire seul →

On a enchainé les virées à gauche et à droite avec Chuck pour récupérer du matériel, nettoyer des zones de Brandenburg ou de Riverside. Je me suis habitué à sa dégaine nonchalente et ses conseils d'ancien. Je sais pas comment ça se fait, mais on est toujours là. Recouvert de saleté, d'égratignures, mais on est toujours là. On a été voir le PS Delilah avec Chuck après avoir nettoyé l'artère principale de Riverside. J'ai entendu le bruit du tissu se déchirant après m'être fait prendre par surprise par un Z dans le bateau. J'ai eu une sacrée frayeur, mais on en a bien rigolé une fois sain et sauf à la nuit tombée.

Les jours passent et ne se ressemblent pas.

Je n'ai pas pris religieusement des notes, mais on a fait un peu le tour des villes autour de nous. On a été nettoyer la zone ouest d'Ekron avec Hastos. L'ancien nous y a retrouvé et nous a aidé à vider le gun store. On a tellement de balles et d'armes qu'on pourrait alimenter une armée. Par les temps qui courent, c'est pas une mauvaise chose.

Chuck a trouvé un bracelet d'amitié sur le corps de deux Zeds provenant certainement de l'école de Riverside. C'est un peu con, mais il en a enfilé un et m'a donné l'autre. Il est un peu bougon, il aime bien me reprendre quand je fais pas correctement les choses, mais c'est un chic type. La maison commence a ressembler à une maison, on se marre bien de la dégaine de Thorgar toujours à moitié à poil.

Je sais pas... Y a une vraie camaraderie quoi...

Ca fait du bien de pas être seul dans ce nouveau monde.

Ma famille me manque. Je me demande si Otis et Tucker sont encore en vie. Si c'est le cas, j'espère qu'ils sont cachés quelque part de tranquille avec Daisy Mae.

J'ai trouvé un champ clôturé à l'est de la maison, y a une famille de cerfs qui y vit. J'ai descendu un des males, faudrait que j'en informe les autres.

J'ai enchainé les allers-retours vers le Sud pendant une semaine plus calme à la maison. Thorgar et Chuck s'occupait de leurs affaires et j'avais envie de revoir le ranch. Visite après visite, je me suis enfoncé plus dans la campagne jusqu'à atteindre quelques maisons. On a même fait un tour pour chercher du bétail avec Chuck.

Je crois que ma vie d'avant me manque. J'ai envie de revoir Irvington. Thorgar a l'air partant pour une escapade. Je me demande à quoi la ville va ressembler.

✦

“Mon royaume pour un Humvee”

Lire seul →

Les jours ont passés, mais j'arrivais pas à me sortir cette bagnole de la tête. C'est con, mais avec son extérieur blindé et les chevaux sous le capot, ça serait une addition sympathique à notre collection grandissante. On s'était dit avec Thorgar qu'on retournerait la chercher. Quand ? Peut-être bien jamais.

Je dois admettre que je suis pas le gars le plus patient. J'ai attendu l'aube pour démarrer mon périple, un chargeur plein, une batte et quelques vivres. J'avais déjà fait le trajet une première fois sur mes pattes, c'est pas les kilomètres nous séparant de Brandenburg qui allaient me détourner de mon but.

J'ai pas croisé grand monde dans la forêt, deux-trois Zeds dans les champs et rien d'autre. Par contre, une fois sur l'autoroute, il y avait quelques groupes ci et là. Rien d'insurmontable. Jusqu'à ce que je rejoigne le Diner où j'avais dormi la dernière fois. Maintenant que j'ai compris comment démarrer une bagnole sans clé, j'en ai choisie une avec les meilleures pièces et puis j'ai repris la route.

Mauvaise idée.

Une putain de mauvaise idée.

Le moteur a lâché derrière le centre commercial, au début de la zone résidentielle. Ca a beau bientôt faire deux mois que je traîne avec Chuck et Thorgar, voir la horde s'agglutiner à mes fenêtres m'a fait paniquer et j'ai lâché le véhicule en sortant par la fenêtre. Ces saloperies de Z ont eu le temps de me trouer le jean tandis que je montais sur le toit de la bagnole avant de prendre la fuite. J'ai continué vers le nord de Brandenburg, perdant des amas de zombies au fur et à mesure, en attirant toujours plus. La nuit a commencé à tomber et me restait quelques Zeds dans les pattes. J'ai trouvé une maison à proximité de l'église où se trouvait le Humvee. J'ai descendu les anciens occupants qui se trouvaient dans le jardin avant de rentrer panser mes plaies. Je me suis enfermé dans une chambre à l'état, éclairé à la lueur de mon briquet. Je pouvais les entendre dehors, mais à cette heure-ci y avait rien à faire qu'attendre en espérant pas entendre une fenêtre lâcher sous les assauts des morts-vivants.

Au petit matin, j'ai fait le tour de la maison pour tomber les derniers Zeds me traquant. Je suis monté jusqu'à l'église et j'ai réussi à faire démarrer le moteur du Humvee. Dans ma précipitation, j'avais pas checké l'état du réservoir. Le moteur tournait à vide dans un bruit menaçant en crevant le silence d'un matin tranquille. J'ai récupéré de l'essence sur une bagnole dans un parking un peu plus loin avant de voir le groupe de plus en plus gros de Zeds se dirigeant vers mon véhicule. J'ai à peine mis de quoi rouler une borne ou deux que j'ai déguerpi sans demander mon reste.

✦

“Expédition Brandenburg-Riverside”

Lire seul →

Ca faisait un moment, mais on est reparti enfin en expédition. A trois. Une bagnole pour Chuck. Une bagnole pour Thorgar et moi. On est remonté vers Brandenburg à la recherche de pièces pour nos voitures avant de continuer à nettoyer le centre commercial. On a fait le plein d'outils et de nourriture. Chuck a même trouvé une remorque pour pouvoir trimballer encore plus de bordel avec nous.

On est reparti ensuite à la recherche d'une tête de masse. D'abord dans les lockers que j'avais fouillé lors de ma première venue en ville, puis des chantiers. Rien d'intéressant. On a poussé jusqu'à un endroit en bord de rivière avec un petit magasin. La nuit est tombé sur nous, même si ça nous a pas empêché de continuer à avancer à la recherche cette fichue masse. On est reparti au petit matin vers un quartier résidentiel dont on avait trouvé la localisation sur une carte annoté. Riverside, je crois. On s'est arrêté sur la route principale, la note indiquait une accumulation de de Zeds dans les parages. Sans étonnement, ils grouillaient partout dans les bois alentours et sur les routes du quartier. Je me trimballe toujours cette foutue blessure qui me ralenti, mais les deux autres se débrouillent particulièrement bien.

Chuck a quand même fini par se blesser, on s'est posé dans une maison de survivant à la nuit tombée avant de continuer à nettoyer la zone. On est tombés sur une école complètement encerclée par des Zeds. J'ai à peine pu tourner la tête, le perdre du regard, que Thorgar s'était faufilé à travers une fenêtre ouverte et avait déjà ouvert la porte d'entrée en nous invitant à venir l'aider un peu.

Ce gars - et sa chevelure - me fascine.

L'école était immense. Digne d'un quartier riche avec autant de maison aux alentours. Y avait carrément un bunker sous le gymnase, probablement pour les tornades et autres. Chuck m'a trouvé une batte de baseball en métal, un petit bijou que j'ai eu le plaisir d'utiliser encore et encore. On a élu domicile dans une nouvelle maison ce soir là avant de remonter la route principale en profitant du brouillard pour nous faufiler un chemin jusqu'à un magasin censé nous permettre de trouver une masse. On s'est retrouvé bredouille et on a finalement du rebrousser chemin quand Chuck a déclenché l'alarme d'une bagnole. L'épuisement nous guettant petit à petit, on est finalement reparti vers la maison, frustré, mais toujours en vie. Chuck était pas trop causant, un peu frustré d'avoir laissé Thorgar seul dans l'autre voiture. En tout cas, le silence régnait lourdement dans l'habitacle jusqu'à ce qu'on croise un troupeau de biches. Chuck a essayé de sortir son pompe, mais le temps d'ouvrir ma fenêtre, le père s'était déjà échappé dans une direction, laissant derrière son bébé et un McCoy incapable de tirer. Je crois qu'il était aussi frustré que j'ai oublié mon sac à la casse d'Ekron. Si j'avais eu ma carabine, peut-être qu'on aurait pu récupérer une carcasse. Heureusement, la chance était de notre côté et l'humeur de Chuck s'est sacrément embellie en tombant sur du gibier fraichement décédé sur la route. Peut-être qu'un chasseur avait réussi à le toucher a des kilomètres de là, en tout cas on s'est pas fait prier pour faire rentrer la bestiole dans l'habitacle. J'ai cru que j'allais perdre toute sensation dans mes jambes à porter la moitié de la bête, mais y avait plus de place dans le coffre ou la remorque, pis Chuck conduisait. C'est vraiment la place du mort celle du passager.

✦

“Une soirée pas si tranquille”

Lire seul →

Je me suis mis en tête de retaper la vieille fourgonnette de Thorgar. Il m'avait demandé en passant si je pouvais y faire quelque chose et avant de regarder sous le capot j'avais déjà répondu que oui. Rien qu'un coup d'oeil à ce vieux tas de ferraille et j'ai compris que j'étais pas vraiment de poids pour cette affaire.

J'ai passé quelques jours chez l'autre groupe de survivants installés à Ekron. Des chics types, même si un peu discrets. Ils m'ont laissés regarder des vidéos et lire des bouquins avant de faire joujou dans leur jardin rempli de carcasses. J'ai pu apprendre à démonter correctement un moteur, réinstaller un joint de culasse et bien plus encore. Tout se passait très bien, jusqu'à ce que je me retrouve face à face avec Margueritte. Enfin, je sais pas si elle s'appelle Margueritte.

Bref.

Margueritte. Moi. La lune. Il en fallut pas plus pour que je manque d'y laisser ma peau. J'étais en train de finir de remonter une ampoule à l'aide de ma lampe de poche quand elle s'est mise à bloquer le passage. Malgré leur lieu de vie plus que douteux, une casse pleine de tas de ferrailles sans même barrière ou délimitation, à peine quelques carrés d'herbe pour manger, je pensais que Margueritte était une jeune vache bien éduquée. Une plaie ouverte, une droite dans la machoire d'Hastos et un presque évanouissement plus tard, j'ai bien compris que c'était pas le cas. En m'approchant, persuadé de ne pas la déranger, je me suis retrouvé bloquée entre elle et une bagnole avant de trébucher et me faire marcher dessus. J'ai marché aussi rapidement possible jusqu'à l'intérieur du hangar en cherchant quelqu'un pour pas mourir là comme un con. Heureusement qu'Hastos était là, même si sous l'effet de la terreur à l'idée de perdre la vie je l'ai interpelé un peu violemment. Quand je me suis excusé, il semblait pas m'en tenir rigueur.

J'ai encore passé quelques jours à me reposer, travailler un peu sur les carcasses de bagnoles présentent avant de repartir en direction de la maison. J'ai été jusqu'à la station essence avant de remonter vers la caserne de pompier. Je suis finalement tombé sur un pick-up en bon état malgré un réservoir vide. Après avoir fait les bagnoles du voisinage, j'ai enfin pu retourner à la maison, pour retrouver Chuck et Thorgar en train de vaquer à leurs occupations.

N'empêche, ça aurait été une belle mort de merde de crever en pleine apocalypse à cause d'une vache.

✦

“les vagabonderies estivales”

Lire seul →

Le temps passe vite, entre expédition en ville et le travail à la maison.

Chuck a décidé de se faire une armurerie blindée. Selon lui, y a rien de plus important dans l'apocalypse que d'avoir un stock d'armes pour se défendre. Je pense que quelques bêtes c'est pas mal. Il a soupiré quand il a vu l'enclos sommaire que j'ai fait pour les quelques poulettes que j'ai trouvé un jour en me baladant. J'étais pas peu fier, mais dans le regard d'un mec qui travaille le bois, mon installation de fortune à des allures de château de sable prenant l'eau. Je comprends, mais il avait pas besoin de rouler des yeux en me pointant le début de clôture qu'il avait fait à l'autre bout du jardin. J'en savais rien moi qu'il voulait faire l'enclos à bétail là. Je me souvenais pas qu'il l'avait dit. Thorgar était même pas là pour nous départager dans notre escarmouche.

On est parti en excursions à trois. Toujours avec le même but, trouver plus de choses pour nous aider à survivre. On a roulé jusqu'à Brandenburg et j'étais pas peu fier de pointer du doigt les Zeds que j'ai pu faire tomber sur le chemin. Y en avait 35 si j'ai bien compté. Ca a pas eu l'air d'épater Thorgar. Faut dire qu'on l'a recouvert de sang après avoir fait un voyage du nord de l'état jusqu'à chez nous. Je leur ai montré la remorque que j'avais vu rapidement en me procurant le camion-citerne. On est pas resté longtemps, y avait trop de Zeds autour du centre commercial. On a continué à se faufiler entre les corps sans vies mais animé, jusqu'à tomber sur une autre voiture se déplaçant dans la masse. Encore un Hastos. Il nous a aidé à nettoyer le parking d'un petit établissement puis nous a demandé de lui trouver de l'essence. Chic type, un peu chétif. J'ai fait le tour des réservoirs, Chuck s'est trouvé une nouvelle bagnole et on a pu repartir dans notre nouveau convoi. Enfin, repartir jusqu'à ce que j'éclate notre ancien modèle. C'était pas beau à voir. Doit y avoir un problème sur le démarreur ou peut-être la batterie. La bagnole n'arrêtait pas de caler et de ramer au démarrage. J'ai cru que j'allais finir par devoir la pousser jusqu'à la maison. Quand j'ai ouvert le capot, restait plus grand chose à récupérer tellement le trajet lui avait grillé ses dernières ressources. Faudrait qu'on se procure de meilleurs véhicules. Peut-être bien qu'il faudrait partir en expédition spécifiquement pour ça.

J'ai du chopé une sale grippe, j'ai passé des journées au lit avec la fièvre et pas les trucs de ma grand-mère pour m'aider à garder ce que je mangeais dans le ventre. Le temps est passé tandis que mon quotidien se partageait entre sommeil et des heures passées à contempler le plafond. Avant que je ne le remarque, août était arrivé. Chuck avait déjà rénové une grande partie de la maison. C'est surement pour ça que j'avais l'impression qu'on m'enfonçait des clous dans le crâne dans mon sommeil. Il a ramené une vache et un bœuf. Deux belles bêtes qui vont certainement nous permettre de bien tenir l'hiver. Je sais pas trop ce qu'à fait Thorgar pendant ce temps, mais c'est un esprit libre. Ca sert à rien de chercher à le comprendre.

Vu que Chuck était parti quelque part, on a décidé de redémarrer pour Brandenburg à la recherche de livre. En voyant le centre commercial, j'ai pas pu m'empêcher de m'arrêter. Y avait cette remorque aux allures militaire qui me faisait de l'oeil. J'ai été tuer les Zeds autour et quand je me suis retourné Thorgar était déjà à l'entrée à ouvrir les portes du centre commercial. On a nettoyé la zone petit à petit, j'ai senti une paire de machoire s'arrêter sur mon épaule et le bruit du tissu se déchirant. Quand j'ai repoussé la personne cherchant à me manger, j'ai senti le soulagement me prendre car y avait juste le tissu qui s'était déchiré, la peau en dessous était lisse. J'ai vraiment cru y laisser ma peau.

Thorgar a fait la même chose quelques heures plus tard. Sans un bout de tissu sur le dos. La plaie était moche, mais pas de morsure, juste une sale lacération qui m'a donné envie de vomir dans une poubelle à proximité. On est repartis vers un quartier pavillonaire, le temps de retrouver une bagnole, nettoyer une église à la recherche de la clé du hummer militaire dans le parking pour finir par rentrer bredouille. Il était pas trop trop content le Chuck quand on est rentrés d'avoir pris la seule bagnole potable de notre petit foyer. Il est temps de retaper des épaves. Faut vraiment que je m'améliore en mécanique.

✦

“une expédition en solo”

Lire seul →

Très cher Chuck et Thorgar,

Je suis parti vers le nord à la recherche d'une voiture et de quelques bêtes à ramener à la maison. Je connais pas grand chose, mais les bêtes ça je connais.

Si je suis pas rentré d'ici une semaine. Continuez sans moi.

J'ai cru que j'allais jamais m'arrêter de marcher. Peut-être qu'il me manque une case ou que je réfléchis pas trop avant de faire des choses. Je suis parti en direction du nord sans carte ou plan en tête. Je me suis mis à marcher et avant que je m'en rendes compte la nuit est tombée. J'ai croisé un petit groupe de zombies sur la route, j'ai bien manqué d'y laisser la peau et mon t-shirt et ma salopette ont étés déchirées dans l'altercation. J'ai cru une seconde, le faisceau de ma lampe tranchant l'obscurité en saccades confuses, que j'allais m'effondrer là, que c'était la fin. Pourtant, méthodiquement, comme on m'a appris, j'ai tué un Zed, puis deux, puis trois, puis au bout d'un moment j'ai arrêté de compter.

J'ai fini par rejoindre Coalfield Road au levé du jour. Sachant pas où j'allais, j'ai tourné à gauche au gré du hasard. Une fois que j'ai trouvé la KY-79 j'ai cru que j'étais sauvé, ma réserve d'eau se vidait à vue d'oeil et je mangeais plus que ce que je trouvais dans les champs. Contrairement à ce que je pensais, restait plus que des carcasses sur l'autoroute : de voiture et d'humains. Pas une seule bagnole dans un état potable. C'est assoiffé que je suis tombé sur un Diner de bord de route. Le parking était rempli de Zed et de quelques voitures en pas trop mauvais état. Ca m'a pris une journée d'arriver à descendre tous ces Z. Je me suis retrouvé à la nuit tombée sur le ponton face aux trois derniers après avoir manqué de me faire croquer une fois dans la cuisine, dans la salle de réception et au bord du parking. Je commence à me dire que je suis increvable. Peut-être que je suis juste con. Dans tous les cas, je suis toujours là.

Après m'être lavé au clair de lune, j'ai profité de la maison a proximité pour dormir. J'ai pu me changer avec des vêtements pas troué et j'ai même trouvé un sac de randonnée. Me manque plus qu'une bagnole pour pouvoir me tailler d'ici.

Au final, j'ai tourner en rond à l'entrée de Brandenburg jusqu'à tomber sur un camion réservoir. Les clés se trouvait sur un Zed dans le fast food devant lequel il était garé. Un peu sanguinolantes, mais utilisables.

Il m'aura fallu trois jours, mais je suis en fin sur le retour.

BINGO!

J'ai vu un troupeau de biches le long de la route. Je suis sorti trop tard du camion et je les ai vue partir au dela de l'horizon. Un kilomètre plus loin je suis tombé sur un autre troupeau. Cette fois-ci, je les ai suivi jusqu'à un champ où toute une famille semblait se reposer. J'y ai perdu quelques balles, mais en plus d'un camion et d'une remorque pleine de poules, je rentre avec le diner. Chuck et Thorgar vont être contents de me revoir!

✦

“L'inconnu d'Ekron”

Lire seul →

Il y a quelque chose de rassurant dans la routine. Quelque chose de soulageant dans la répétition des mêmes actes à chaque nouveau jour. Je pense que c'est pour ça que j'aimais bien le ranch. Pour ça qu'Otis et Tucker sont partis vers les grandes villes. Ils comprenaient pas la beauté de la routine.

Les jours passent et ne se ressemblent pas. Pourtant, dans le chaos de cette vie nouvelle, j'apprends à reconnaître ces instants qui nous permettent de tenir. Comme quand on a trouvé notre nouvelle maison, une parcelle de terre labourée et un puit. Notre premier repas chaud était victorieux. Même si je suis pas certain que le bougre de McCoy soit du genre à exploser de joie. Il avait l'air sacrément content de l'endroit même s'il marmonnait dans sa barbe qu'on était trop exposé à cause de la véranda vitrée. Moi je l'aime bien. Je m'imagine à observer le ciel à la nuit tombée.

La routine s'est installée sans qu'on en soit vraiment conscient. Une fois il prend le volant, une fois c'est moi. S'il s'approche d'une porte, je me mets derrière prêt à taper au cas où quelques anciens locataires revanchards chercheraient à lui faire la peau. J'ai parfois un peu l'impression d'être devenu l'ombre de Chuck, mais ça me dérange pas. Y a pire destin par les temps qui courent. On a fait un voyage, puis deux, puis trois à Ekron. On a été au lycée d'Otis et Tucker. J'y suis allé, mais pas très longtemps. J'avais pas vraiment le niveau. Je me souvenais de la bibliothèque pour m'y être caché quelques fois. Y avait tellement de bouquins, mais on a pas trouvé ce qu'on était venu chercher. Y a des jours avec et des jours sans. Rebelote le lendemain, on mange quelque chose, on vérifie les sacs et puis on repart.

Cette fois, on a été en ville pour trouver une librairie dont Chuck connaissait la localisation. Là aussi on s'est retrouvé bredouille. En repartant, j'ai vu un magasin de chasse et pèche donc on s'est arrêté. Il est parti dans une direction et moi dans une autre avant me rejoindre pour faire le plein d'armes et de munitions. Quand on est sortis, la voiture était plus là. J'avais laissé les clés sur le contact, qui allait nous voler ? Un Zed ? Elle était quelques mètres plus loin et déjà Chuck se dirigeait vers notre véhicule que soudain j'ai entendu quelqu'un crié. J'ai pas compris, y a une marée de Zeds qui a débouché d'une allée et tout ce que j'ai vu c'est la silhouette d'un géant à la longue chevelure flottant au vent. J'ai pas eu le temps de lui jeter un bon coup d'oeil que Chuck me hurlait de rentrer dans la voiture en disant qu'on était compromis. Compromis ? On venait de croiser un survivant pour la première fois depuis des jours et la seule chose qu'il trouvait à faire c'était de crier au meurtre en barricadant la maison.

Quand on est reparti à Ekron le lendemain, y avait un tas de corps sur la route avec un message. J'ai un peu mieux compris pourquoi Chuck était si réticent à avoir un premier contact. Et s'il ne nous voulait pas du bien ? J'ai très vite changé d'avis en voyant qu'il nous avait laissé un cadeau devant la porte. Chuck était tellement remonté qu'il a passé la nuit à observer la fenêtre. Pareil le lendemain, cette fois une biche! On venait de ramener de la dinde, ça allait nous remplir le frigo. Quel genre d'horrible personne ferait des cadeaux pareils ? Ca ne pouvait qu'être un chic type!

Je me demande si je devrais me laisser pousser les cheveux moi aussi ?

Quand j'ai dépecé la bête, j'ai entendu un bruit de portière. En rentrant dans la maison, j'ai vu son ombre qui fuyait avant de l'entendre tomber au sol dans notre jardin. S'il avait voulu nous faire du mal, il aurait eu tout loisir de me briser la nuque sous le couvert de la nuit.

Le vieux McCoy lui a donné rendez-vous au matin. Il parle de se préparer, me gronde dès que je referme pas à clé derrière moi. Je comprends pas pourquoi il est si stressé par cet inconnu.

Je crois qu'il se sent seul. Moi aussi si j'avais pas trouvé Chuck je me serais senti seul.

✦

“Mission : Station de pompiers”

Lire seul →

Thorgar est le dude le plus cool que j'ai jamais rencontré!!!! Il a rappliqué couvert de sang (ew), torse nu et désarmé, totalement détendu face à deux inconnus armés le dévisageant. Quand Chuck a pris le temps de lui parlé, il s'est vite détendu. Après avoir passé des heures à me sermonner sur le fait de bien fermer la porte à clé derrière moi, voila qu'on a un troisième coloc dans la maison. Ca fait pas de mal un gars un peu plus jeune.

On a même rencontré d'autres gens. Deux types qui avaient des bouquins nous intéressant, on a échangé quelques vivres contre des bouquins. Peut-être que si on ne les avait pas croisé on serait plus là pour en parler.

On était partie à la station de pompier avec Thorgar et Chuck quand on a découvert une horde entassée autour du bâtiment. Bien entendu, le bruit clinquant de la bagnole avait réussi à ramener une partie des Zeds de la ville. J'ai perdu Thorgar de vue un instant tandis que Chuck me donnait des indications pour l'aider. Un tas informe de mains tordues et de dents putrides cherchaient à lui croquer la nuque. J'ai du faire le tour du pâté de maison pour arriver à semer deux-trois Z qui me collaient à la semelle quand j'ai entendu les coups de klaxons.

Hastos était là pour nous sauver.

Il a fait le tour de la ville pour éloigner vague après vague pendant qu'on nettoyait la zone comme on pouvait. L'odeur devant la station était indescriptible. Une puanteur incomparable à tout ce que j'ai pu connaître jusqu'alors. La chaleur moite et rance des corps en décomposition, le sang séchant sur l'asphalte au soleil couchant. Mais, on a trouvé ce pour quoi on est venu : des haches de pompiers.

On s'est posés à trois dans le hangar principal après avoir fait le tour du bâtiment avec Hastos. Au petit matin je suis parti en quête d'une nouvelle bagnole jusqu'à ce que j'entendes le ronronnement de notre tas de ferraille. Chuck était au volant. J'ai couru comme jamais pour pas qu'ils m'abandonnent là, en sautant dans la bagnole j'ai entendu un rire chaleureux. Je sais pas de quoi j'avais peur semblerait qu'il soit pas prêt à me lâcher ce bon vieux McCoy.

✦

“Le début du chemin”

Lire seul →

Je m'étais arrêté au motel pour me mettre à l'abri la nuit, juste le temps de reprendre mes esprits. Quand je me suis réveillé, me restait plus que mes vêtements sur le dos. Aucune trace du flingue à Pa', mon sac et tout ce qu'il contenait.

En sortant de ma chambre, je suis tombé sur Chuck. Un gars de la région qui semblait aussi déboussolé que moi. Il m'a dit qu'il descendait la KY-60 sans même se retourner. J'avais rien de mieux à faire, donc je l'ai suivi.

Je l'ai rattrapé dans un magasin d'armes, il m'avait laissé quelques trucs de côté. Je suis tombé sur les clés d'une voiture en pas trop mauvais état et j'ai suivi les corps. Dans le second magasin, il m'avait laissé dans un coin un sac et des affaires pour me changer. Je lui ai annoncé que j'avais une bagnole, il m'a demandé si j'allais à Ekron. Je lui ai dit que oui. Ca fait du bien d'avoir un but.

J'ai pris le volant en suivant ses instructions, je lui ai pas dit que j'étais un peu dangereux dans une voiture. Mais bon, je m'occupais bien des tracteurs à la maison, ça doit compter pour quelque chose.

Malgré cette collaboration de quelques heures, j'ai bien cru que j'allais le perdre dans le quartier résidentiel. J'ai vu le Zed l'attraper à l'échine et le sang couler. Je pense que lui comme moi on a cru qu'il allait pas s'en remettre. Mais il est coriace le vioque, il s'est faufilé jusqu'à une maison et on y est restés la nuit.

Elle est pas trop mal la survie avec Chuck. Il me rappelle un peu mon daron. Avec les cheveux sacrément plus longs. C'est le genre de type qui donne des ordres et qui sait ce qu'il fait. Ca me fait du bien de pas trop réfléchir à la suite. On se contente d'avancer, vider des baraques, coucher des Z.

On est tombé sur une grande maison de survivant à la nuit tombante. Après avoir sécurisé la zone on s'est installé pour la nuit. Peut-être que ça sera nos QG pour les jours qui viennent. En tout cas, on dort loin de la puanteur des corps en décomposition et c'est un luxe dont je ne peux me plaindre.