Hunter Jamieton portrait
Hunter Jamieton
Vivant

Hunter Jamieton, ancien militaire et propriétaire du magasin de surplus militaire Jamieton, s’est retrouvé piégé lors d’un congrès de la National Rifle Association en périphérie d’Echo Creek, lorsque la situation a soudainement dégénéré.

“Mi-septembre — Un semblant de vie”

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Ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit. Je crois qu’on est à la mi-septembre. Les températures ont un peu baissé… ça fait du bien.

Avec Jed, au début du mois, on est partis en direction d’Irvington. La ferme d’un ancien client… Brott, quelque chose comme ça. Il passait souvent au magasin pour acheter des munitions et du matériel. Il se plaignait des nuisibles qui menaçaient ses bêtes.

En arrivant, on ne s’attendait pas à ça.

Des animaux partout. Des porcs, des moutons, des vaches… affamés, agités, presque fous. Un vacarme infernal et pourtant peu de zombie, les bon côtés de la campagne. On a trouvé une remorque sur le parking et on s’est dépêchés de charger autant d’animaux que possible. Histoire d’en sauver quelques-uns.

Pas une mince affaire. Ils étaient surexcités, ingérables.

On a repris la route à la tombée de la nuit, avec une halte à OvoFarm, près d’Echo Creek, pour récupérer quelques poulets. J’ai laissé Jed conduire… et je me suis assoupi.

À mon réveil, la remorque n’était plus là.

Elle a dû se détacher sur la route…

Ça m’a rappelé une sortie avec Jeb. Je l’aime bien Jeb. On était partis chasser dans les bois, vers le camp de scouts. Il avait repéré un groupe de biches… mais il a raté son tir et moi également. On est rentrés bredouilles. Pourtant, c’était une bonne journée. Juste être dehors, loin de tout… sans penser à ces choses qui errent. Ça fait du bien, parfois.

Finalement, on a retrouvé la remorque. Il restait une vache et son veau… et un cochon. Pas beaucoup, mais assez pour recommencer.

Et puis deux agneaux. Tout petits. On les a appelés Côtelettes et Souris.

Je crois que je me découvre un certain goût pour la vie à la ferme.

Jeb nous a construit un enclos pour les animaux, et même une grange pour faire sécher les peaux.

La vie à la maison… oui, je crois qu’on peut appeler ça une maison maintenant… est devenue plus douce.

Bruce a transformé la cabane au fond du jardin en véritable atelier de forgeron. Il n’est pas souvent là, mais il fait sa part.

Bref… ça se passe bien.

Espérons que ça dure.

“Entre folie et soulagement”

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Je suis rentré à la base et je me suis effondré de fatigue… À mon réveil, il n’y avait personne.

J’en ai profité pour me laver, manger, me réarmer. Juste reprendre mes esprits.

Au moment où j’allais repartir vers Oakshire… ils sont rentrés. Jed… et Denis.

Bon sang, j’étais soulagé.

Et puis Denis m’a lancé un regard noir. Un mélange de rage et d’épuisement. Quelque chose qui ne tournait pas rond.

Il a attendu que Jed s’éloigne… puis il a dégainé son fusil et l’a pointé sur moi.

Pas d’hésitation. Juste de la tension.

Je me suis barricadé à l’étage, dans la salle de bain, puis sur le balcon, derrière la fenêtre, près du collecteur d’eau de pluie.

Il a contourné la maison par la nuit, s’est faufilé derrière la clôture… et a commencé à tirer dans ma direction.

Complètement taré.

J’ai riposté avec des tirs de sommation. Rien à faire. Il a continué… jusqu’au silence.

Plus de munitions ?

Et puis j’ai entendu l’eau.

Le bruit de l’eau qui s’écoule.

La réserve… percée par les impacts.

Bon sang…

J’ai hurlé : “L’eau !!! Arrête !”

Et là… silence.

Puis un rire.

Le sien. Le mien.

Je suis descendu. Il m’attendait dans la cuisine, un verre à la main. On a trinqué. On a ri encore quelques minutes… comme si rien ne s’était passé. Comme si c’était normal.

Juste… relâcher la pression.

Quelle soirée.

Le lendemain, on est repartis ensemble pour Oakshire. Terminer ce qu’on avait commencé : forcer et vider cette armurerie. Deux ou trois jours plus tard, on était de retour.

Au final… je ne sais pas quoi penser de tout ça.

Il est instable. C’est évident.

Mais dans un monde comme celui-ci… qui ne le serait pas ?

On verra bien où ça nous mène.

“Le doute s’installe”

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J’ai fini par atteindre le bout de cette bibliothèque. Quelques livres intéressants… mais pas ceux que je cherchais.

Plus d’eau. Plus de nourriture.

J’ai attendu le plus longtemps possible le retour de Denis… mais je commence à me dire qu’il est peut-être rentré sans moi. Ou pire.

Je ne sais même plus depuis combien de jours je traîne dans cette ville… ah oui Oakshire, je l’ai lu sur une vieille affiche.

Il fait encore jour. Je vais reprendre la route vers la base en début de soirée.

Bon sang… je n’aurais jamais dû repartir en expédition avec un convalescent. Instable, en plus.

J’espère juste qu’il va bien...

“À cran”

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Ça fait deux jours que je nettoie les routes de… Oakridge, je crois. Peu importe. J’essaie surtout de me frayer un chemin jusqu’à cette deuxième bibliothèque.

Il y a un parc juste à côté, avec un petit lac. J’y passe parfois pour me laver de tout ce sang… comme si ça pouvait vraiment partir.

Denis n’est toujours pas revenu.

Je suis épuisé. À bout de nerfs.

J’ai trouvé une armurerie, mais elle est protégée par des grilles métalliques. Évidemment… et bien sûr, Denis est parti avec le masque à souder.

Parfait.

Encore une nuit seul.

On verra bien où tout ça me mène…

“Disparitions et silences”

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Denis et moi avons pris la route en direction de Maplewood, une petite bourgade à l’est de notre position. L’un de nous avait trouvé une carte dans une voiture… impossible de me souvenir lequel.

Le trajet a été long, mais sans encombre. Et puis on est arrivés. Une ville que je ne connaissais pas… plus grande que prévu. Et surtout, remplie de ces choses.

Sur place, on a été efficaces. Une bibliothèque fouillée, quelques bâtiments annexes aussi. Tout s’enchaînait presque trop bien. Trop facilement.

Et puis… plus rien.

Denis a disparu. Encore.

Aucune trace. Aucun bruit. Juste ce silence pesant qui s’installe d’un coup.

J’ai trouvé une planque pour passer la nuit. Pas idéale, mais suffisante pour tenir jusqu’au matin.

On verra bien où tout ça me mène… mais je n’aime pas ça.

“Merde merde merde!!”

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Hier, on est retournés à Brandenburg avec Denis. J’y avais repéré un camion encore en état correct — quelque chose qui pourrait vraiment lui servir.

Mais évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu.

Trop de rôdeurs. Des tirs. Du bruit. Et puis le drame.

Denis s’est jeté dans ma ligne de tir… et il a pris une balle.

Putain. Qui m’a foutu des civils aussi inconscients entre les pattes… Et merde, j’aurais dû faire plus attention. J’aurais dû anticiper.

On a dû rentrer en urgence pour le stabiliser. Pas le choix. J’ai dû m’improviser chirurgien, ouvrir, chercher, extraire la balle logée dans son abdomen… Bordel, je ne suis pas médecin.

Mais… le pire est passé. Son état s’est stabilisé.

Bon sang… on n’est pas passés loin.

“Quatre jours au bord de la rupture”

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Ces derniers jours ont été éprouvants. Jedediah et moi sommes partis en expédition jusqu’à Brandenburg. Au moins une demi-journée de route depuis notre position.

On a avancé lentement, méthodiquement, en se frayant un chemin jusqu’au centre-ville. Trop de ces… choses. À chaque rue, à chaque détour. C’est usant, autant pour le corps que pour l’esprit.

On a fini par trouver une caserne de pompiers pour se poser un peu. Un abri temporaire, mais suffisant pour reprendre notre souffle.

Sur la route, on a vidé un magasin de bricolage, une bibliothèque, un ferry… et même une armurerie. J’avoue… vers la fin, je me suis un peu laissé emporter avec le double canon. Comme si tirer aidait à faire taire le reste.

Malgré tout, ça se passe bien avec Jedediah. On est différents, ça ne fait aucun doute… mais je peux compter sur lui. Et, étrangement, je me sens plus en sécurité quand il est dans les parages.

“Une routine s'installe...”

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Au fait, je n’ai pas encore vraiment parlé de mes nouveaux camarades.

Il y a Denis, un étranger… enfin, je crois. Il ne parle pas notre langue, Français ou Canadien. Malgré ça, on arrive à se comprendre. Et puis, il est sacrément doué avec les véhicules — ça, dans ce monde, ça vaut de l’or.

Il y a aussi Jedediah, un Amish qui a quitté sa communauté pile au moment de l’effondrement. C’est assez déroutant, il est complètement perdu face à la modernité, mais étonnamment débrouillard dès qu’il s’agit de plantes, de systèmes simples, de tout ce qui ne dépend pas de la technologie. Par contre, les voitures et les groupes électrogènes… ça le met dans des états pas possibles. De vraies crises de panique.

En parlant de groupe électrogène, on en a trouvé un dans un quartier plutôt aisé le long de la KY-60. Un coup de chance… surtout que l’électricité à fini par lâcher peu après.

J’imagine que ceux qui faisaient tourner les centrales ne s’en sont pas sortis.

Quel monde…

“L’odeur de la revanche”

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Je m’entends bien avec le groupe. Ils m’ont vite avoué avoir récupéré des armes, et m’ont même confié un bel engin : un fusil à double canon.

De mon côté, je leur ai raconté un peu mon histoire… et surtout que je savais où trouver encore pas mal d’armes à Echo Creek. Ni une ni deux, on a pris la route pour une expédition de nettoyage.

C’est… étrange. J’ai l’impression de vivre une forme de revanche sur mes premiers jours. Comme si reprendre le contrôle effaçait, un peu, le chaos.

Ça nous a pris du temps, mais on y est arrivés.

J’ai vu des choses sombres à la guerre… mais jamais autant de corps jonchant le sol. Tout ce sang. L’odeur… Les corps démembrés…

Même pour un vétéran comme moi, ça laisse des traces.

“Un refuge ?”

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Après une nouvelle journée de marche, j’ai fini par trouver leur repaire. Ils n’avaient pas l’air hostiles… plutôt abattus, même.

Après trois jours à errer, je ne pensais plus qu’à une chose : trouver un endroit où me reposer. Et puis, au fond, il vaut mieux se rapprocher d’inconnus que de rester seul, livré à ces… choses.

Ils m’ont finalement accueilli sans méfiance, malgré la lourdeur qui pesait sur les premières heures. J’ai vite compris pourquoi : ils venaient de perdre l’un des leurs un peu plus tôt. Ça explique l’atmosphère.

Bon… on verra bien où tout ça nous mène.

“Le jour où tout a dégénéré”

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C’est le chaos partout. Ça fait des jours que j’erre entre la route KY-144 et la KY-60…

Le congrès de la NRA ne s’est pas du tout déroulé comme prévu. Trop de monde. Une foule compacte, agitée, incontrôlable. Puis la panique — soudaine, brutale — avec des gens lourdement armés de fusils. J’ai eu énormément de chance de m’en sortir en un seul morceau.

J’ai tenté de rejoindre mon magasin, mais au croisement de DeerHead et Leaffall, j’ai aperçu un camion qui s’éloignait. Des pilleurs, sans aucun doute…

Tant pis. Je vais les suivre. On verra bien où ça me mène.