C'était pas le moment de quitter ma communauté
Jedediah Crain portrait
Jedediah Crain
Décédé

Jedediah Crain était un jeune amish qui au début de l'apocalypse venait de quitter sa communauté pour découvrir un monde qui ne ressemblait en rien à celui qu'il avait connu.

“Le dernier jour...”

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On est parti à la recherche de bouquins avec Denis. Un truc banal. Une librairie à Mapplewood. C'était une journée comme les autres. On a pris la route, nettoyé des sentiers sur lesquelles erraient quelques zombies. Un jour ordinaire.

Quand on est arrivé à Mapplewood, on a commencé par fouiller l'église. L'endroit avait déjà été retourné. On a continué. Depuis qu'on est dans l'après, il n'y a plus vraiment grand chose de sacré. Denis a vadrouillé, comme d'habitude. Je l'ai rejoint pour faire tomber les Z qui traînaient derrière ceux lui collant à la semelle. Sans beaucoup de mots on arrive à se comprendre avec Denis. Je l'ai perdu de vue une seconde, j'ai fait tomber un corps, deux, l'odeur était infeste. Ca fait pourtant des mois qu'on vit comme ça, mais je m'y habitue pas.

On a commencé à descendre dans la ville, comme toujours Denis était méthodique. A croire qu'à force de réparer des moteurs, il aime les choses faites méticuleusement. Il m'a dit d'attendre, je crois. J'ai avancé vers la caserne, il me suivait de près, mais faut croire pas assez. Tout est allé très vite, ma batte qui a raté la mâchoire du Z, la main putride s'agrippant à ma veste et les dents... ces foutues dents qui se sont enfoncés dans le tissu de ma manche comme dans du beurre. Je crois que Denis il a pas tout de suite compris. Il a voulu regarder ce qu'il y avait sous le bandage. Rien de bon. Y avait pas besoin d'être un génie pour le comprendre.

On a continué à descendre en ville, fouillé la librairie et quelques maisons, mais le cœur y était pas vraiment. J'ai demandé, presque en riant, à pouvoir boire une fois pour de vrai. Denis a d'abord cherché un bar ou un tiroir avec de l'alcool. Finalement, il a repris le volant et le chemin du retour s'est passé en silence. En contemplant l'obscurité, je me demandais si j'allais rejoindre mes proches. Si j'ai vécu une vie qui me le permettrait. J'ai perdu espoir que quiconque de la communauté ait pu survivre à ça... Tout ça.

Une fois à la maison, Denis m'a donné une bouteille de vodka. Le goût était infame. Je l'ai fait passer en me grillant un cigare que j'avais gardé pour une grande occasion. Je m'attendais juste pas à ce que ça soit celle-là.s Ou peut-être que si.

Je me demande comment Hunter prendra la nouvelle quand il rentrera. Je regrette de pas avoir le temps de le voir une dernière fois.

Si tu lis ces mots, c'est la faute à pas de chance. On a passé de beaux moments ensembles, avec Denis et Bruce. Dans ce monde fait de monstres et d'horreurs, je suis heureux d'avoir croisé vos routes. Je pense pas que j'aurais survécu une fraction de ce mois que j'ai passé en votre compagnie. Il est temps pour moi de me reposer, j'ai déjà frôlé la mort une fois, j'allais pas pouvoir l'éviter indéfiniment.

“Le dernier jour de ma vie...”

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Pendant une seconde, j'ai cru qu'aujourd'hui était le jour où j'allais rencontrer Dieu...

Les derniers jours étaient calmes, je me suis occupé de la grange. J'ai aménagé l'étage. Un travail répétitif, mais satisfaisant.

Hunter et Denis sont rentrés, j'étais content de les voir après quelques jours sans nouvelles. On a partagé un repas. C'est bizarre d'être ému pour si peu, mais Hunter avait installé la table dans le jardin, Denis avait récupéré une lampe dans mon atelier. On a partagé le pain, un bon ragout. C'était simple, mais qu'est-ce que ça m'avait manqué. Denis nous avait même préparé une boisson alcoolisée, quelque chose de doux, mais qui réchauffe en dedans.

La suite des évènements n'en a été que plus brutale.

Comme on l'a déjà fait de nombreuses fois, on s'est préparés chacun de notre côté. J'ai fini de travailler sur des séchoirs, Bruce à besoin de peau et de faire sécher des herbes. J'ai pas eu le temps de finir. C'est con, mais quand ils m'ont encerclés, je pensais qu'à ça. J'aurais même pas eu le temps de finir ça.

Quand j'étais enfant, mon père me disait que dans nos derniers instants, si on a vécu une belle vie, les meilleurs moments de celle-ci défilent devant nos yeux jusqu'à ce qu'apparaissent le portail de l'après. J'imagine que dans ce nouveau monde, il ne nous reste même plus ça. Même plus l'idée d'un après meilleur que l'enfer d'ici. J'ai rien vu. Que du noir et les bruits de mâchoires claquant sèchement. A ce moment-là, j'étais rongé par les regrets. Le principal : qu'Hunter et Denis soient en danger par ma faute.

On est parti en expédition peu avant midi. Hunter nous a rempli le coffre de nourriture et on a fait le plein d'eau. Denis à pris le volant et au début tout se passait bien. On a nettoyé les abords d'un commissariat, vidé un magasin de cassettes. Bien qu'on n'aient pas trouvé ce qu'on cherchait, la journée s'annonçait comme belle. On a continué notre chemin, on s'est même trouvé une maison pour dormir. Après avoir nettoyé la zone des Z errants, ils ont dormis dans la maison et je me suis installer dans la voiture. Même si je me suis habitué à cette vie, je préfère quand même rester dehors. Certaines choses ne changent pas.

On est allé à la rivière pour se laver. Je pense que ça devait faire une semaine que je m'étais pas lavé. L'odeur était infecte dans la voiture. Mais, comme pour tout, on s'habitue.

C'est en allant à la rivière que Denis a vu quelque chose. Un bateau transformé par une communauté. On voyait au loin des conteneurs. Hunter m'a soufflé que ça servait à transporter des choses, comme le camion de Denis. Avant, il transportait surement des conteneurs avec ce qu'il appelle son char.

Confiants, la suite des évènements nous apprendra que nous l'étions trop, on est monté sur le premier bateau après nous être occupés des Z à l'entrée. On a eu vite fait le tour, il n'y avait rien d'intéressant. L'avidité nous consumant, on a poussé jusqu'au second. Habitués, on a réalisés les mêmes actions, attendus les Z en bas de l'escalier, les traitant les uns après les autres. Une routine bien rodée, les excursions passées avec Hunter m'ayant rendu familier avec ses tactiques.

Je me souviens plus trop bien, peut-être que j'étais en train de dire un truc ou juste que j'avançais silencieusement. J'étais entre Hunter et Denis et j'ai pas vu le bord du pont. J'ai pas eu le temps de comprendre que je me suis écrasé un étage plus bas. J'ai senti directement que quelque chose n'allait pas, mon pied était entaillé et de toute évidence je m'étais tordu la cheville. En faisant le tour d'un conteneur, j'ai remarqué un troupeau de zombies pendant que Denis et Hunter me parlaient de l'étage au dessus en me demandant de rester caché. C'est alors que j'ai entendu les coups de feu. Je me suis rapproché avec mon pistolet, mais y avait tellement de Z et j'étais lent. Heureusement qu'Hunter me collait à la semelle, j'ai bien senti que si c'est un homme de peu de mots, dans cette vie ci c'est un ami comme on en a peu. Denis était à l'étage, égal à lui-même, faisant tomber des Z à gauche et à droite avec un calme olympien malgré l'ampleur de la tâche. Tout semblait gérable à cet instant. Mais les astres en avaient décidés autrement.

En sortant du bateau, surement à cause de mon équilibre précaire, peut-être dans la précipitation, je suis tombé avant même d'atteindre les escaliers. Cette fois-ci, j'allais pas avoir autant de chance qu'avant. Je l'ai senti directement, la douleur. Je voyais des étoiles et mon pantalon était maculé de sang. En me relevant, y avait pas de doute, ça devait être une foutue fracture.

A partir de là, il était trop tard pour prier.

Hunter et Denis criaient des indications en me trainant avec eux jusqu'à la voiture. J'essayais d'avancer, mais j'avais si mal, j'arrivais presque pas à poser ma jambe gauche sur le sol. Autour de nous, les Z apparaissaient en masse, à chaque fois que Denis en faisait tomber un, trois nouveaux apparaissaient derrière. J'ai senti l'haleine putride d'un randonneur me dévoilant ses canines quand Hunter ou Denis m'a attrapé par le col avant de lui planter une balle entre les yeux. Plus les secondes passaient, plus j'avais mal, moi je comprenais ce qui m'arrivait. J'ai entendu quelqu'un crier de se rabattre vers la forêt, j'avais l'impression d'avancer comme immerger dans de la molasse. J'avançais de toutes mes forces, mais c'était comme si j'étais bloqué sur place. Les silhouettes commençaient à s'apparenter à des ombres et je voyais les Z gagner du terrain sur moi.

Puis...

Plus rien...

Pas de lumière au bout du tunnel, pas de diaporama de mes souvenirs les plus glorieux. Rien que l'intense regret de savoir que j'avais foutu Hunter et Denis dans la merde. Que s'ils en réchappaient pas eux aussi, ça serait de ma faute. Et dire que hier soir on partageait un repas de fête, profitant un instant d'autre chose que de survivre. Aujourd'hui était le jour où j'allais mourir et peut-être même les tuer aussi.

Quand je suis revenu à moi, Denis et Hunter étaient couverts de sang de la tête aux pieds. Ils avaient l'air soulagés malgré la fatigue tirant leurs traits. Ils ont pas compris comment, j'ai pas vraiment compris pourquoi. J'étais derrière eux une seconde, puis la seconde d'après ils me voyaient plus. Ils étaient persuadés que j'avais raccroché le marteau et peut-être dans les fonds qu'ils étaient revenus sur leurs pas pour me donner une fin digne. Au moins, ne pas me laisser errer sans but comme ces choses là.

On est retournés à la voiture, ils me collaient tellement que j'avais l'impression d'avoir mes gardes du corps personnels. On a vu un film avec des gardes du corps y a une semaine ou deux, je trouvais le concept étrange, mais soudainement ça me rassurait de les avoir ces deux gars-là.

On est rentrés à la maison en silence, il faisait noir et y avait personne dans la bagnole qui causait. Je pensais que je me suis endormi un instant ou peut-être que je me suis évanoui. Y avait des Z autour de la baraque, j'ai laissé les deux autres s'en occuper pendant que je me trainais la patte derrière. Je vais devoir rester quelques jours à la maison, après une blessure comme ça je suis pas prêt de repartir de si tôt.

“La grange, la maison et la vie qui avance”

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Ca fait un moment que je n'ai pas pris le temps d'écrire quelque chose...

Les jours s'enchainent et ne se ressemblent pas. Je ne savais pas qu'on pouvait être si occupé. Je crois que ça doit faire une semaine, deux peut-être que je n'ai pas écrit. Il s'en est passé des choses, je ne sais pas vraiment par où commencer.

On a été chasser avec Hunter. Ca m'a fait bizarre de sillonner la forêt à la recherche d'une bête. J'ai beau avoir appris à tirer sur des Z, c'était différent. On m'a appris à m'occuper des bêtes, pas à les traquer. Pourtant, Hunter m'a dit que j'avais peut-être un don. Je suis tombé sur deux groupes de biches, par contre même en vidant mon chargeur j'en ai pas touché une seule. Dans le fond, je préférais que ça soit comme ça. J'ai crié après Hunter pour qu'il me rejoigne, c'était con, elles se sont enfuies à cause de tout le bruit que j'ai fait. C'est un chic type Hunter, il a rigolé un bon coup, s'amusant de mon manque d'expertise avec la carabine qu'il m'avait mis entre les mains. Il a dit qu'on aurait qu'à prétendre que c'était une balade dominicale. Un moment de répit au milieu d'un monde éviscéré par le chaos.

La vie à repris. Il faut mettre de la nourriture sur la table, entretenir notre maison de fortune, s'armer toujours plus. Quelques jours après ce dimanche de quiétude, ou peut-être que c'était quelques jours avant. Je sais plus. C'est compliqué ces jours-ci de se souvenir dans quel sens va la vie. Bref, on est parti au sud-est avec Denis et Hunter. Denis m'avait rafistolé la carlingue de mon camion de pompier et je les ai suivi jusqu'à une usine. Y avait des zombies à perte de vue. On a fait la seule chose qu'on pouvait faire dans cette situation, tirer dans le tas. Encore plus de Z sont apparus de tous les côtés, on aurait cru une marée, une condamnation biblique. On s'est séparé et je me suis retrouvé seul à tirer dans le tas. J'avais beau décharger mon pistolet, les Z se relevaient comme si je les avais à peine effleurés. J'ai fini par sortir ma batte et les terminer au corps à corps. J'ai cru ce soir là que j'allais en perdre les bras tellement j'avais mal d'en avoir tués autant.

Il a fallu que j'abandonne ma camionnette sur la route, elle redémarrait pas. Foutu tas de ferraille. La technologie qu'ils disent les autres. Mon cheval m'aurait jamais lâché comme ça. Denis m'a promis qu'il me réparerait le véhicule ou qu'il m'en trouverait un autre. C'est vraiment un chic type, c'est dommage qu'on se comprenne pas tout à fait et qu'il part tout le temps en vadrouille.

On est retourné à la chasse avec Hunter, même constat, même conclusion. On est rentrés bredouille après une journée dans les bois. On a quand même croisé une biche, mais le temps qu'Hunter lève son fusil, la bestiole avait déjà détallé. On en rigole pour le moment, mais va falloir qu'on s'améliore... Un jour la nourriture risque de venir à manquer.

Ce que je préfère, dans notre quotidien, c'est le temps qu'on me laisse pour travailler autour de la maison. Je me suis construit une petite grange derrière le parking. Quelque chose de solide. Des murs pas trop hauts, un plancher en bois et tout mon matériel. On a installé un crochet de boucher dans un coin après avoir été récupérer une vache avec Hunter. Il a été dévasté quand son petit s'est jeté sous les roues de la voiture alors qu'on embarquait sa mère. Il fait les durs, mais il a un cœur pur le Jamieton. J'écris ces mots après avoir presque terminé mon édifice. Je me suis blessé à la jambe en tombant du toit. Une blessure idiote alors que Bruce bossait dans son atelier à l'autre bout de la propriété. Je crois qu'il m'a entendu bêler de douleur et il a rappliqué aussi vite. Heureusement, je pense pas que j'aurais su me relever sans lui. Sans rien me demander, il a carrément démonter l'escalier branlant que j'avais pas fini pour que je puisse recommencer au propre une fois ma jambe en meilleur état. J'ai fini le plafond ce matin même, je pense que mon père serait pas peu fier de ce que j'ai réussi à monter avec le matériel qu'on a trouvé à gauche et à droite. Je me demande comment ils vont tous à la maison. Même si je me sens bien ici, ma famille me manque.

“Y a des jours sans...”

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La journée avait pas mal commencée pourtant.

Je suis parti attraper une poule que j'avais vu sur le chemin en allant récupérer Denis. Bon, ce fut plus compliqué que prévu. Déjà, arriver à attraper la sale bête était un défi en soi, mais confronter les zombies qui pullulaient dans les champs en était un tout autre. J'ai finalement tracé mon chemin, en me jurant d'y revenir plus tard. Foutus Z.

Pour la peine, j'ai tenté de nettoyer ce bout de route, en m'arrêtant quand j'en croisais par petit groupe. Pas du grand travail, mais quelque chose de nécessaire. Je ressens plus rien. A chaque fois que j'en fais tomber un, que je fouille ses poches, je vois leurs noms sur leurs cartes d'identité. J'arrive même plus à me dire que c'était des personnes.

J'ai continué ma route, en me baladant sur des chemins que je connaissais pas. J'ai pas fait le fier quand je me suis fais prendre à revers les Z entre moi et ma camionnette. J'ai du sortir mon flingue, si Hunter avait été là, il se serait marré à me voir tirer dans le tas. J'en ai fait tomber quelques uns, c'était pas glorieux. J'ai eu vite fait de reprendre une batte. Au moins, avec ça, je risquais pas d'en faire rappliquer d'autres. J'ai trouvé un fusil, quelques trucs utiles. En continuant ma route, je suis tombé sur un garage avec pas mal de trucs pour nos bêtes, un peu de nourriture, de l'engrais pour les plantes, je me suis dépêché de tout mettre dans le camion avant de repartir.

Comme je me l'étais promis, j'ai récupéré une poule sur le chemin du retour. C'était plus simple sans les Z qui me respiraient dans la nuque. Je suis arrivé à la nuit tombée, mais y avait personne.

C'est con, mais toutes les mauvaises idées commence comme ça je crois. Faut dire, j'ai pas vraiment l'habitude. Y avait personne à la maison donc je me suis dit que ça serait marrant de mettre les cônes que j'avais trouvé sur le chemin à un endroit insolite.

Je suis monté à l'étage avec mes trois cônes, j'en tenais un sous le bras quand j'ai essayé de passer la fenêtre de la chambre pour me tenir sur le préau de l'entré.

Ca a pas manqué.

C'est comme si j'étais passé à travers.

Avec tout le bordel à l'entrée, je me suis carrément ouvert la cuisse. Qu'est-ce que c'était chiant, j'ai pissé le sang partout.

Bref, je suis bon à passer les prochains jours à la maison. Avec tous ces déchets et objets plus ou moins utiles qui trainent à gauche et à droite j'ai de quoi bosser. Je vais commencer par ranger le parking, une bonne caisse en bois pour ranger tout ça fera pas de mal !

“Où sont passés la remorque et les animaux ?”

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On est parti en expédition avec Hunter. Je lui ai parlé de trouver des poules. Après avoir préparé l'enclos, il est temps de trouver des bêtes pour en avoir l'utilité.

Hunter avait connaissance d'une ferme et d'une zone de stockage de bestiaux. On est parti avec la fourgonnette, mais franchement elle est de moins en moins rapide. On a nettoyés quelques Z sur le chemin avant de faire un massacre dans le parking à côté des enclos. Après avoir fait le tour, on a récupéré deux jeunes moutons, un gros cochon. Une prise comme aucune prise dans un monde où la nourriture est si importante à stocker.

Le chemin a été ...

Long.

Quand Hunter a commencé à fatiguer, j'ai pris le volant. C'était terrible. La remorque bien trop lourde pour le moteur de notre fourgon. On a quand même réussi à rentrer à la maison en plein milieu de la nuit à la lumière de nos phares fatigués.

Epuisés, on a laissé les animaux endormis dans la remorque en allant se coucher immédiatement.

Au réveil, j'étais prêt à ramener les bêtes dans leur nouvel enclos avec beaucoup de fierté. A chaque vadrouille avec Hunter on arrive à sortir notre épingle du jeu et ramener de quoi être encore mieux à la maison. A la maison. Ca me fait bizarre d'écrire ça. C'est vrai que notre petite bâtisse avec ses épaves délabrées et ses tiroirs remplis à craquer commence sacrément à ressembler à un foyer.

Mais, au réveil, il n'y avait pas de remorque. Pas d'animaux. C'était incompréhensible.

On s'est dépêché de repartir avec truck au cas où quelqu'un l'aurait déplacé. On a même retracé nos pas jusqu'à la ferme, mais rien. Aucune trace de la remorque ou des animaux qu'on avait ramené. On a réussi à récupérer une citerne, mais me reste un goût amer sur le bout de la langue. Est-ce que d'autres survivants auraient osés nous voler jusqu'à chez nous? Est-ce qu'il reste encore des gens capables de ça?

Où sont passés cette remorque et les animaux!

“Mission Denis”

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Je sais bien que Denis sait se débrouiller, mais j'ai pas compris pourquoi Hunter est rentré sans lui. Peut-être bien qu'il croit que c'est trop tard pour lui, mais je sais que c'est pas le cas. Il est trop solide notre mécano pour se laisser faire comme ça. Puis, après Chuck, je pense pas que je pourrais laisser un autre de nos camarades mourir sans rien faire.

Je suis parti chercher du gibier que j'ai dit en quittant la maison ce matin là. En vrai, Hunter avait vaguement évoqué où il était parti avec Denis. Je me suis mis au volant de mon camion de pompier salement amoché, puis je me suis perdu sur les sentiers et routes des environs. Je me suis retrouvé sur un sentier boueux, même que j'ai du creuser sous les roues pendant que y avait des cordes qui me tombaient dans le dos. Il a même fallu que je fasse tomber deux trois Z avant de pouvoir redémarré. Plus j'avançais, plus je me disais que de toute manière si je trouvais pas Denis j'allais devoir faire le chemin de retour à pieds.

J'ai vu pas mal de ferme, ça avait l'air paisible. La vie d'avant me manque quand même beaucoup.

J'avais pas pensé à prendre des réserves en partant ce matin là et j'étais en train de songer à rebrousser chemin quand je l'ai vu. Denis. Il était hors de la ville, l'air épuisé et trempé jusqu'aux os par le sang putride des zombies qu'il avait descendu. J'étais sacrément heureux de le voir en un morceau, il avait pas l'air trop amoché et il m'a demandé directement à retourner en ville chercher des trucs qu'il avait vu en traversant la bourgade.

J'étais fichument content de le voir même si comme d'habitude j'avais un peu de mal à comprendre ce qu'il baragouinait.

On s'est trouvé un petit truc à manger et des cassettes avant de repartir vers la maison. Les chevaux sous le capots avaient un peu de mal, enfin y avait plus vraiment de capot pour les protéger ces chevaux. Mais Denis a fait du bricolage sur le chemin du retour, même qu'on est tombé sur un camion similaire et il a su réinstaller rapidement un capot.

Quand on est arrivé à la maison, j'aurais pu manger un veau entier, mais Hunter était pas là. On a vite fait un ragout et je crois que Denis il a été s'effondrer dans sa chambre. Il devait être fatigué, il a du en voir des choses tout seul, peut-être même qu'il se demandait si quelqu'un allait venir le chercher.

Je me sens mieux à la maison maintenant que je sais que tout le monde est là. On se dit pas grand chose, mais je pense que sans notre petit groupe j'aurais pas grand chose pour me donner envie de continuer.

Je me demande parfois si ma communauté est toujours debout. Est-ce que mes parents sont encore là ? Je sais pas pourquoi j'ose pas y retourner. Peut-être que je préfère ne pas savoir.

“Une vie, parfois, tranquille”

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Denis et Hunter sont partis en vadrouilles. Ca fait quelques jours...

A force de trimballer des tas de bois d'un côté à l'autre du terrain, je pense que je me suis froissé un muscle ou peut-être fait une entorse. Je me débrouille en premiers soins, mais je dois admettre que je suis pas médecin. De nos jours, on peut plus trop se permettre de rien faire. J'allais être inutile si je les avais suivis en expédition, donc je suis resté à la maison.

Je me sentais mal à rien faire. Ca m'a rappelé quand j'avais dix ans et que je m'étais cassé la jambe. Je pouvais pas aider Père, il a été obligé de travailler pour deux jusqu'à ce que je me remette.

Hunter avait évoqué d'aménager le jardin pour des poules en passant. Faut dire qu'on avait quelques poules à l'étroit dans leur remorque. J'ai passé les jours qui ont suivis à ramener du bois, faire des planches puis préparer un enclos avant de monter les barrières pour délimiter l'enclos.

Pendant toute la préparation, j'ai croisé personne à la base. Pas même Bruce. J'espère que sa truelle lui a été utile, même si j'ai aucune idée de ce qu'il peut bien en faire.

Peut-être qu'ils sont venus et partis pendant que je dormais, à force de faire des tâches manuelles je m'endormais dans ma tente épuisé. J'ai vu du sang sur la table du jardin, pas d'explications, pas un mot. J'espère que c'est rien de grave. Après Chuck...

Finalement, j'ai croisé Bruce un bon matin. Ca fait que quelques semaines qu'il est là, mais il avait déjà tellement changé que je l'ai pas reconnu. Il est sympa. Un peu discret. Il m'a remercié pour la truelle et même qu'il m'a ramené des fleurs en revenant d'une brève virée hors de la maison avant de se mettre à casser de la caillasse dans son atelier.

J'ai finis quelques trucs autour de la maison, jusqu'à ce que j'entendes Hunter m'appeler depuis le bout du sentier. Je suis arrivé en courant, y avait des Z autour de lui, mais il semblait à l'aise, il me demandait surtout de courir après le poulet qu'il venait de ramener. J'ai eu l'air un peu idiot à courir après la bête, mais il m'a pas fallu longtemps pour l'attraper.

Hunter semblait content quand il a vu l'enclos, mais il s'est mis à faire des commentaires. Une erreur ici, un problème là. J'aurais du ouvrir l'enclos, mieux délimiter l'espace pour la volaille et j'en passe. Après avoir passé plusieurs jours seul, à installer tout ça seul, j'aurais apprécié autre chose. Mais bon.

Ca faisait plaisir d'enfin manger un vrai repas, c'est con, mais quand ils étaient pas là, je me suis retrouvé à manger tout ce que je trouvais dans le frigo sans trop réfléchir. C'était comestible, mais pas vraiment un plaisir. Bruce a gouté un ragout et vu sa tête je pense qu'il était tout juste content de pas vomir.

Plus tard, Hunter est quand même venu me voir pour me parler de ses exploits avec les battes que je lui avais taillé. Ca me fait du bien de me sentir utile dans ce groupe. La vie reprend un rythme, les jours passent et ne se ressemblent pas. Je sais pas si on arrivera un jour à retrouver quelque chose de semblable à avant l'arrivée de Z, mais c'est pas trop mal pour l'instant.

Par contre, il est où Denis?

“La tranquillité, une croisière et des armes”

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J'ai profité de quelques jours tranquilles. Si tranquilles, j'ai presque cru être de retour chez moi, dans ma communauté. J'ai commencé par tailler du bois pour faire quelques objets autour de la maison. Hunter semble content d'avoir une nouvelle batte même si elle était trop petite selon lui.

Le lendemain, on est à nouveau partis à Brandenburg avec Hunter. On a progressivement nettoyé les alentours de la caserne des pompiers avant de s'arrêter dans un magasin d'outils et puis un de livres. On ne se comprend pas toujours avec Hunter, mais on forme un bon duo. On a trouvé un bateau en ville, il y avait encore des Z à l'intérieur, puis pas mal de bouteilles. A croire qu'avant les gens n'avaient que ça comme passe temps. Hunter en a prises quelques unes dans son sac, au cas où qu'il a dit.

Il était trop tard pour rentrer avec tous les Z dans les parages, c'était compliqué de dormir dans la voiture, mais malgré l'anxiété j'ai réussi à dormir une heure ou deux. Quand j'ai remarqué un magasin de munition et d'armes, Hunter était en joie. Je comprends pas vraiment la vie qu'il a pu avoir avant. On a du trouver des outils pour ouvrir la grille de l'entrée, ça a rameuté des zombies qu'on a du traiter. Il était tellement heureux qu'il s'est mis à tirer dans le tas. Tous les Z de la ville ont entendus le tintamarre et se sont dirigés vers Hunter. J'avais tellement de trucs dans mon sac que je savais à peine me déplacer. J'ai fini par prendre la bagnole qu'on avait trouvé pour m'enfuir, quand je suis revenu, Hunter était entouré d'un tas de corps en décomposition, son arme à la main, l'air fier de son travail. J'ai un peu de mal à le comprendre, mais j'étais heureux qu'il ait survécu. Je croyais que j'allais juste retrouver son corps. On a repris le volant, chacun dans une bagnole pour retourner à la maison, c'est Denis qui va être content avec toutes les voitures en bon état qu'on lui a ramené.

“Exploration à la caserne de Brandenburg”

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On s'est retrouvé à deux avec Hunter. Il est un peu mutique le gaillard, mais pas de mauvaise compagnie.

On est retourné à Brandenburg à deux. Sur le trajet, je pouvais sentir mes nerfs me tordre les boyaux. Hunter, lui, avait l'air serein. Il m'a laissé grillé une clope à l'entrée de la ville avant d'arrêter la voiture au sud d'un site de construction. On s'est frayé un chemin millimètre par millimètre. Un Z a réussi à m'attraper par la veste, j'ai cru que j'allais y passer. Je commençais à l'apprécier cette veste, je l'avais rembourrée et tout. Bref, elle était bonne à jeter.

On est remonté dans la voiture et on est monté jusqu'au truck qu'on avait remarqué la dernière fois. Sans étonnement, il était plein à craqué d'armes, mais impossible de le faire démarrer. On s'est arrêté à la caserne des pompiers et là, un miracle, j'ai trouvé un trousseau de clés sur le corps d'un Z. Y avait les clés de la caserne et d'une voiture. Après avoir nettoyé petit à petit les alentours, on a fini par rentrer dans la caserne, c'était le paradis, j'ai pu changer de veste, me retrouver une arme pour remplacer ma pelle cassée et même trouver une fourgonnette de pompiers.

Avec deux voitures, Hunter a du repartir avec la sienne et il m'a laissé au volant de la camionnette. Pour rire, il m'a dit de me rappeler que c'était comme un chariot, sauf que les chevaux sont sous le capot et plus petit. J'ai pas lâché le volant jusqu'au moment de couper le moteur, ma nuque était couverte de sueur froide, mais j'ai réussi à ramener cet engin de malheur au beau milieu de la nuit.

Peut-être qu'un jour on pourra nettoyer Brandenburg, pour Chuck...

“L'enfer du Gun Mart”

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Un type a remonté l'allée sans prévenir, il avait rien avec lui. Pas de baluchon, pas d'armes. J'ai sorti mon flingue sans vraiment y penser, depuis la mort de Chuck je me sens tendu, trop prompt à réagir. C'est finalement Denis qui s'est occupé des présentations, en baragouinant quelques mots d'anglais, me jetant des regards quand il arrivait pas à articuler sa pensée. J'ai comblé les trous comme je pouvais, je sais pas ce qui me prend ou pourquoi j'ai réagit comme ça. Je m'en veux un peu, c'est pas comme ça qu'on m'a éduqué. Mais le monde dans lequel on m'a éduqué n'existe plus.

Hunter s'est aisément inséré dans notre groupe, comblant maladroitement un vide qu'on ne voulait pas nommer. Dans cette nouvelle vie, les journées sont sans fins, les nuits sans repos. Le monde a vraiment plus de sens. Je me suis retrouvé au volant d'une voiture, paraît que y a des chevaux sous le capot, j'ai été cherché des clopes et des vivres. Les clopes pour mes nerfs. Qu'est-ce que dirait mon père de ce que je suis devenu. Ca fait même pas une semaine que je suis parti.

Y avait un mec, un peu bizarre, au motel. On s'est retrouvé bloqué ensemble à cause d'un boucan d'enfer attirant les zombies. Je l'ai ramené, je pense pas que j'aurais pu le laisser derrière, même s'il sentait un peu bizarre. Il est venu avec Hunter et moi visiter les alentours, déblayer de nouvelles zones. Il est pas très adroit, mais il fait de son mieux.

On a été au Gun Mart avec Hunter, on a laissé notre nouvel arrivant à la maison, il était pas prêt pour une mission comme celle-là. Y avait tellement de Z que j'ai abandonnée l'idée de les compter. On s'est mis à taper, les attirant les uns après les autres. Puis on l'a entendu, Denis, au volant d'un bolide rugissant qui attira une horde nous prenant de revers. Pendant une seconde je pouvais me remémorer la fatigue de ce jour-là, c'était y a si peu de temps. On s'est éloigné avec la voiture puis on a recommencé à se frayer un chemin. On a eu beau déblayer l'entrée, il en restait toujours plus. On s'est même fait quelques frayeurs.

Finalement, on a battu en retraite, retournant à la voiture avant de se trouver une maison le long de la route de retour. Je suis rentré en premier, le cœur au bord des lèvres. Y avait un étage, ça paraît naïf, mais j'avais besoin d'y aller. Besoin de m'assurer que y avait personne, que ça n'arriverait à personne. L'étage était vide, la vie à continuer. Ca ne fait pas une semaine que j'ai quitté la communauté et je ne me reconnais déjà plus.

“La légende de Chuck McCoy”

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2 Samuel 1:25

" Comment des héros sont-ils tombés au milieu du combat?

Comment Jonathan a-t-il succombé sur tes collines? "

Y a à peine deux jours qui se sont passés depuis le début de cet enfer, mais c'est comme si toute une vie s'était écoulée. On se parlait de pas grand chose avec Chuck, c'est un peu difficile de comprendre Denis, mais ça fonctionnait. On avait beau ne pas se connaître 48h plus tôt, on arrivait à ce que ça roule.

Chuck a trouvé un camion à une station essence, il m'a laissé avec la voiture à l'attendre. Je savais pas quoi faire, mais je doutais pas du fait qu'il reviendrait. Il avait l'air tellement serein quand il est parti. Il est revenu avec un truck, on aurait dit un objet sorti tout droit des enfers. Il était sincèrement heureux à l'idée de surprendre Denis avec, faut dire qu'il était rempli d'armes. On avait aucune idée de comment attacher la remorque par contre, mais il aura pas fallu longtemps à Denis, une fois au volant, pour aller récupérer sa remorque et revenir triomphant.

C'est triomphants qu'on a pris le camion pour aller à Brandenburg. J'avais jamais vu que les abords de la ville avec ma famille, ça m'a fait bizarre de rentrer dedans. Voir tous ces corps, sans âme. Ces gens errants sans salut.

On s'est retrouvé bloqué par des travaux sur la route, il a fallu sortir précipitamment en repoussant les zombies qui nous acculaient en masse. Je me suis retrouvé à contourner l'école, seul, avant de retrouver Chuck et Denis dans la cours. A partir de là, je me souviens de rien juste d'avoir donné des coups jusqu'à ce que l'épuisement ne me donne des crampes au bras. Je n'avais jamais vu autant de violence, jamais été source d'autant de violence. La nuit tomba, le reste de notre énergie aussi, on s'est retrouvé dans une maison avec Chuck, sans savoir ou Denis avait filé. Sans un mot, je suivais Chuck le temps qu'on sécurise la maison, on a fait le tour du rez-de-chaussée. Puis on est monté, ça a été si vite.

Il a ouvert la porte, on a pu entendre le claquement de dents si distinctif des Z, puis la porte s'est refermée sur lui. Quand elle s'est rouverte, le Z était à terre et il se tenait le cou pour que le sang cesse de gicler partout. J'ai fait un bandage avec ce que j'avais dans le fond de mon sac, mais je pouvais pas ignorer la marque de dents qui était maintenant gravée dans sa chair.

Je sais pas vraiment comment on est rentré. Comment Denis nous a retrouvé. On est rentré dans le silence, quand on est arrivé je savais pas quoi faire de mes mains à part tailler un semblant de pelle pour faire un trou décent. Assez grand pour qu'on ait la place de l'allonger confortablement, assez profond pour que des animaux aient pas l'idée de le déterrer. Il méritait mieux que ça.

Je sais pas s'il croyait en quelque chose, mais c'était un homme bien. Je sais pas s'il aurait aimé ça, mais je pouvais pas laisser sa tombe sans stèle. Je lui ai fait une croix avec son nom, pis un verset de Samuel.

Le silence a un autre goût depuis qu'il est plus là.

“La Géhenne”

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Je ne sais pas comment elle a réussi à se procurer des billets, mais elle m'en avait donné assez pour payer une semaine au motel. Juste de quoi trouver un travail en ville, commencer une nouvelle vie. Honnêtement, les premiers jours, je n'ai pas quitté ma chambre. Je contemplais le plafond et la tâche d'humidité en forme de croissant de lune au dessus de mon lit. Dehors, il y a le monde. Un monde auquel je ne comprends rien.

Le troisième jour, j'ai émergé, espérant trouver le courage de recommencer. De l'autre côté de la porte, ne m'attendait que le chaos. J'ai abandonné mon monde, pour être témoin de la chute d'un autre.

Des êtres désincarnés, des horreurs arrachés à nos histoires d'enfants, sont sortis du bois derrière le motel. Dans la cohue, un couple m'a bousculé et je suis tombé tête la première. Un bougre aux cheveux longs, les traits amiables biens qu'un peu bourrus m'a aidé à me relever. Sans réfléchir, je l'ai suivi avant qu'on tombe sur un gars à l'accent incompréhensible. Très vite, ils ont pris les choses en main sans même se parler. Face à l'indicible y a pas vraiment de mots. Rapidement, je me suis retrouvé une arme entre les mains, on a fait le plein de ressources. On m'a donné des vêtements un peu trop grand, un peu épais, de quoi passer la nuit.

On s'est trouvé une maison... Pour quoi faire ? Je sais pas vraiment.