J'étais bien planqué dans ma cave moi!
Maverick Woodrow portrait
Maverick Woodrow
Vivant

Maverick a jamais été une lumière, encore moins un gars débrouillard. Fils unique du couple Woodrow, il a jamais du lever le petit doigt pour quoi que ce soit. Enfermé dans la cave familiale au début de l'apocalypse, il a passé plusieurs mois sans voir la lueur du jour avant que la faim ne le pousse à s'aventurer dehors.

“Du taff, un canadien, les jours qui se répètent”

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Ca fait déjà deux semaines que je n'ai rien écrit dans ce journal. Il était coincé sous le pieds de mon établi dans la grange. A force de bosser comme un forcené, je devais plus réfléchir correctement et je l'ai mis là comme cale. Faut dire, depuis que je suis arrivé dans cette espèce de communauté un peu étrange, j'ai pas eu une seconde à moi. Même blessé! Je bosse tellement que cette foutue jambe veut pas guérir. Au moins, on a pas dû l'amputer. J'ai eu un peu peur pendant une seconde.

Il avait l'air adorable le Denis avec son accent mignon, sa moustache parfaitement entretenue et ses airs de bougre au grand cœur. Mais, en vrai, c'est un bourreau! Un tortionnaire! J'ai fini de retaper la grange en un temps record. Je sais pas si elle tiendra bien longtemps, mais il fait enfin chaud dedans! On est allé à Coalfield, l'attraction touristique au nord-est de la maison récupérer un poil à bois. On a démonté l'affaire et puis on l'a mis dans la benne de la camionnette. J'avais vu une magnifique peau de vache dans la maison qu'on venait de piller et une tête de cerf. C'est con, mais quitte à survivre à l'apocalypse dans notre grange de fortune, autant le faire avec un certain style.

Dans notre duo avec Denis - parce que oui, à bosser autant pour ce gars que je connais à peine je considère qu'on est un duo - c'est pas moi le penseur. J'écoute, j'observe et j'apprends. Denis, lui, il a l'air de s'y connaître en survie. Lors de notre seconde excursion à Coalfield, je l'ai perdu de vue dix minutes, quand je l'ai retrouvé il était recouvert de sang et dans son sillage je crois qu'il venait d'éradiquer une lignée entière de parfaits inconnus venu découvrir les joies de l'histoire de la région. Tout ça, avec le sourire. Je me demande si sous ses airs niais de canadien, c'est peut-être bien un sociopathe. Ou alors, il cherche juste à me rassurer. Je sais pas, est-ce j'ai l'air affolé ? J'ai pas osé lui dire que j'étais rentré dans une maison et que j'étais aussi tôt ressorti en courant en voyant un Z allongé sur le sol à côté du lit. On a finit de vérifier la reproduction de la ville au peigne fin pour trouver des choses utiles pour la maison avant de rentrer.

J'ai croisé Hunter pour la première fois. Pas un mauvais bougre, même s'il faudrait peut-être lui apprendre à interagir avec des humains. Il avait l'air pas content que je traine près des animaux ou de la grange. Je sais pas. En tout cas, je sentais qu'il était pas vraiment heureux que je sois là. Il est quand même resté cordiale. Ma' m'a appris de bonnes manières donc j'ai pas bronché. En tout cas, pour le moment, Bruce et Denis sont beaucoup plus sympa. Je vais essayer de pas trop me trouver dans le chemin de Hunter. Il a l'air pas commode, j'aurais pas envie qu'il me prenne en grippe. Enfin, il est pas resté trop longtemps donc l'ambiance est redevenue rapidement pareille que d'habitude. C'est dingue de ce dire qu'en deux petites semaines j'ai réussi à m'habituer à cet endroit. Je connais pas ces gens, cette vie et pourtant je deviens silencieusement une partie du groupe.

Il faut que je fasse mes preuves.

Je commence à me dire que Denis me refourgue la besogne que personne veut faire dans le coin. Il m'a demandé si je savais coudre, je lui ai dit que j'étais pas incroyable, mais Ma' m'a enseigné comme rapiécer une chemise. J'aurais peut-être pas lui dire, il s'est ramené avec un sac de tissu et m'a demandé de rapiécer des trucs. Le sac dégageait une puanteur insoutenable, ça avait pas l'air de le déranger. Je me demande même si son nez fonctionne encore. J'ai décidé de prendre le van devant la grange pour aller laver tout ce tissu au ruisseau d'à côté, il m'a jeté un regard étrange et s'est installé sur le siège passager. Il a pas dit un mot du trajet, l'ambiance était étrange. Y en avait du foutu tissu, tellement de tissu, c'est à se demander combien de personnes ils ont dû dépouiller pour en avoir autant. C'est peut-être plus simple de pas y penser.

J'ai vu un morceau de chemise avec des boutons de manchette qui ressemblait étrangement à la chemise de Pa'. Je me demande ce qu'il est devenu d'eux. Parfois, je me demande si un de ces survivants aguerris chez qui j'ai atterri les a pas sorti de leur tourmente. Je suis pas certain d'avoir envie d'avoir la réponse.

Après des jours de labeur acharné sur la grange, voila que je me retrouve assis sur une peau de bête à coudre jusqu'à loucher. Je crois que je suis trop bonne poire et qu'il en profite un peu le Denis. Je le vois à gauche et à droite, toujours affairé à quelque chose. Toujours à me demander quelque chose puis me laisser réaliser la tâche avant de revenir me demander autre chose. Il a dans l'idée de se faire une armure d'os. Un truc pas trop compliqué, censé limiter notre chance de nous faire mordre. Je lui ai pas dit qu'on dirait une idée sortie de Mad Max. J'ai trop peur qu'un gars du trio décide de me foutre à la porte que pour aller contre ce qu'on me demande. Ca fait que deux semaines, mais j'ai déjà pris goût aux petits plats préparés et à la chaleur d'une maison chauffée.

Je me demande ce que Bruce va nous faire à manger ce soir. J'ai un peu faim.

“Je crois que j'ai pas que des fans dans le groupe”

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Hunter était là ce matin. C'était bizarre de le croiser dans la maison. Il m'a salué puis il a continué sa conversation avec Denis comme si j'étais pas là. Je me sentais con planté là. Alors, je me suis lancé dans mes tâches de la journée. Si Ma' et Pa' me voyaient, ils ne me reconnaitraient pas. Dans ce nouveau monde, y a plus de jeux vidéos ou de vidéo store pour passer son temps à rien faire.

Il a commencé à neiger! C'était magique! Mais très vite, la réalité nous a rattrapé. L'air est devenu glacial, j'étais bien content de m'être cousu une combinaison pour me tenir au chaud. Denis aussi n'avait pas l'air trop dérangé. Faut dire que de la où il vient, il doit avoir l'habitude d'une météo pareille. Hunter, de son côté, semblait frigorifié. Il avait soudainement l'air bien content que je sois là quand je lui ai allumé un bon petit feu en lui montrant l'espace de séchage de la grange. Il est pas très bavard, mais j'ai l'impression qu'il commence doucement à s'habituer à moi.

Denis veut une armure d'os. C'est un fait. Une mission et le centre de mes journées. J'ai commencé à coudre des petits trucs ci et là et graver des os pour prendre la main. Denis a ramené de nouveaux sacs de tissus puants. J'ai rempli la benne du camion et je suis parti les laver. Je les entendais parler avec Hunter, mais ça semblait pas me concerner donc je suis resté à distance pour pas m'immiscer. J'ai fait un tour à la rivière pour nettoyer mes sacs de tissus et quand je suis revenu, ils étaient plus là. Y avait un petit mot qui m'indiquait leur destination en me disant de les rejoindre.

Quand je suis arrivé, y avait des zombies partout. J'ai éclaté le parebrise de la bagnole en écrasant un Z dont le bras a traversé la vitre. Je suis arrivé en fanfare et quand je suis sorti de la camionnette j'ai du en découdre. J'ai pas la forme comme les deux autres, ça m'a épuisé. J'ai retrouvé Hunter dans un garage, il m'a regardé bizarrement. Lui aussi semble ne pas apprécier que j'utilise le camion, pourtant il a rien dit. J'ai voulu faire une blague, mais je pense que c'est pas passé. De toute façon, j'ai l'habitude de me parler à moi-même.

On a fait le plein de ressources, Denis et Hunter semblent posséder une coordination quasi militaire. Pour rire, j'ai lancé un "FBI, open up!" quand un des deux à ouvert une porte. Vu le regard glaçant que je me suis pris, je pense que c'est plutôt mal passé. En allant chercher ma voiture, j'ai été rattrapé par une bande de Z que j'arrivais pas à repousser. Soudainement, sorti de nulle part, Hunter est arrivé avec sa batte. J'avais jamais vu ça. Je me demande s'il était pas joueur de baseball dans une autre vie. Il a déboité la mâchoire d'un, défoncé le crâne de l'autre. J'aimerai pas être de l'autre côté de sa batte.

En rentrant, Hunter m'a fait une queue de poisson. Je crois qu'il essayait de me faire faire une sortie de route. Honnêtement, j'avais trop peur de lui en toucher un mot, donc en sortant du camion j'ai rien dit.

Je commence à me dire qu'il m'apprécie pas beaucoup.

Une fois que j'ai eu vidé la benne de mon camion, les bras pleins de rouleaux de tissus, je me suis directement lancé sur la préparation de l'armure. J'ai commencé par couper des chutes, mesurer l'étoffe, tracé quelques marques avant de toucher aux os soigneusement rangé dans une caisse. Je sais pas qui occupait cet atelier avant moi, mais ça devait être quelqu'un de minutieux. Contrairement à moi qui jette tout sans regarder où ça tombe. Alors que j'étais en train de préparer les os, Hunter a appelé tout le monde pour passer à table. Denis a installé la table, Bruce est sorti de je ne sais pas où et Hunter a amené les plats. Malgré le froid canard, on s'est retrouvé dehors, un repas chaud, une part de tarte et un verre d'alcool pour se détendre après une autre journée fructueuse. Une autre journée où on a survécu.

Peut-être que dans le fond, je commence vraiment à faire partie du groupe.

“Une clou, une planche et une jambe cassée”

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J'étais pas peu fière en voyant la baraque branlante en me levant ce matin. Bon, j'ai des courbatures partout, jusqu'à mes fesses, mais c'est moi que j'ai fait ça!

J'ai croisé brièvement Denis, mais je suis directement reparti travailler dans la grange. J'ai une furieuse envie de finir ce fichu projet. Ici, je mange à ma faim, je me découvre de nouvelles compétences. Je suis parti ce matin couper du bois. Du bois! Juste comme ça, une hache à la main et voila. Ca a été une plaie de tout ramener jusqu'à la grange, mais je l'ai fait tout seul. Puis, j'ai commencé à colmater les trous à l'étage. C'est usant, un brin répétitif, mais plutôt agréable. Faut dire qu'avec les trous de tous les côtés, il fait un froid de canard dans cette foutue grange et à chaque nouveau mur placé on se sent un peu mieux à l'intérieur.

La musique me manque un peu. On entend que les animaux gueuler du matin au soir. Je me serai jamais imaginer vivre dans une ferme avant, mais semblerait que ça me corresponde pas trop mal. Je dirais pas non à un petit morceau de Fleetwood Mac, même un vieux cd qu'écoutait mes parents. En attendant, je chantonne pour moi-même dans mon coin. Je me sens moins au bord du craquage, j'ai presque arrêté de me parler à moi-même. Après, je les croises pas beaucoup les autres pour le moment, puis je suis de bonne compagnie. J'essaye de faire attention quand ils sont autour.

Par contre, y a personne qui m'a entendu beugler à la mort quand je suis tombée de ce foutu escalier! J'ai bien cru que j'allais y passer. Y avait du sang, peut-être même que j'ai vu l'os, je suis pas certain, mais ça faisait si mal qu'il a commencé à faire tout noir. Tout noir en plein jour. Ca aurait été une mort conne. Ca fait même pas trois jours que je remange à ma faim, que j'ai un toit au dessus de la tête et je serai mort comme un con parce que j'avais fait le mariol sur un escalier tenu par deux clous et mon incapacité chronique à bouger mes dix doigts.

Y a personne qui est venu. Aucune idée d'où qu'ils sont tous, mais j'ai du me trainer jusqu'à une caisse où j'ai trouvé du tissu qu'avait l'air pas trop sale pour atténuer le saignement. Sinon, ils allaient me retrouver là, vider de mon sang au pied d'un escalier de malheur.

Aujourd'hui, je sors plus de cette maison, je vais profiter d'une journée de repos et ils ont pas intérêt à rigoler quand ils vont me voir avec ce bandage de fortune et cette attèle tenue par le désespoir.

Peut-être qu'il faudrait que je demande à quelqu'un de regarder ma blessure. Je risque pas de crever d'un truc pas top moi ?

“Un caribou, du travail et de la fatigue”

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J'ai du me méprendre quelques part. Je me suis levé pour la première fois depuis longtemps le ventre plein, plus d'énergies que les dernières semaines. Je me suis trainé jusqu'à la cuisine où Denis m'attendait déjà avec une assiette tiède. Faut croire qu'on se lève tôt par ici.

On est monté dans sa voiture, il m'a amené en excursion avec lui et j'ai suivi sagement. Je pense que j'ai du pousser un cri quand soudainement des zombies ont entourés sa voiture, mais je me suis pas évanoui !

Sur le chemin du retour, il m'a demandé en quoi j'étais doué avec son accent à couper au couteau et ses grands mouvements des mains pour se faire comprendre. Pas grand chose honnêtement. J'imagine que jouer à des jeux d'arcades ça sert plus à grand chose dans cette vie ci. Il m'a amené à la grange et m'a expliqué deux trois choses. J'ai remarqué les tombes dans le jardin, mais j'ai rien dit. J'avais beau essayé de ne pas le regarder, la terre labourée n'avait de cesse d'attirer mon regard.

On a croisé Bruce, il était sympa. Un mec carré avec du vocabulaire et des airs du coin. Une histoire folle! Se réveiller d'un lendemain de soirée tout droit dans l'apocalypse, il est rock and roll. J'ai pas trop parlé de ce qui m'était arrivé, c'est moins glorieux. Puis, dans le fond, je les connais pas vraiment.

Denis, c'est pas un mauvais bougre, mais je le connais pas assez pour trop savoir comment lui parler. Pour le moment, il a des airs de golden retriever déprimé. Je crois que je voulais lui remonter le moral, c'est pour ça que j'ai pris le marteau l'air faussement serein. Si Ma' pouvait me voir, elle pleurerait de rire. Pourtant, j'ai pas peu fait le fier quand il est revenu une heure plus tard en me disant que c'était pas trop mal. Bon, rien avoir avec la qualité du travail du précédent locataire des lieux, je crois même que j'ai monté que des murs troués cette après-midi là, mais ça tenait. C'est déjà ça.

En vrai, plus j'écris plus j'ai mal. J'ai les mains qui crampent tellement j'ai plantés de clous aujourd'hui. Chaque fois que je voulais m'asseoir où me cacher dans un coin, soudainement Denis apparaissait comme un clébard des enfers venu me forcer à travailler. C'est pas une vie! On a bientôt fini la bergerie et le premier étage est presque colmaté. Si on continue comme ça je vais mourir de fatigue avant de me remplumer!

J'ai gober mon assiette plus que ce que je ne l'ai mangé ce soir. J'aimerais continuer à me plaindre, mais je suis épuisé.

“Des survivants, de l'espoir et un ventre plein”

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Je raconte vraiment n'importe qu

Hier, j'ai cru humer les effluves enivrantes d'un burger. Je commence à me demander si je suis pas en train de perdre la tête.

Pa' et Ma' m'ont dit de les attendre, j'ai fini par perdre le fil. Ca fait combien de temps? Une semaine? Deux? Ils sont où ? Je commence à avoir faim moi. J'espère qu'ils se sont pas perdus.

J'ai faim. Faim comme j'ai jamais eu faim. Faim au point de me demander si je pourrais pas vivre sans un morceau de ma main, voir un doigt. Honnêtement, même s'il est plus court, c'est le pouce qui a l'air le vachement plus alléchant.

Ce matin, j'ai du me rendre à l'évidence, il y avait plus rien à boire. Ca fait des jours que j'ai plus rien à manger. Même les souris qui infestaient les murs ont disparues. Rester dans cette cave, c'était une lente mise à mort. J'ai laissé un mot derrière moi, la direction général dans laquelle je comptais aller.

Tout est bruyant. Si bruyant.

Quand j'ai finalement réussi à ouvrir la porte, j'ai été aveuglé par la lumière du jour, les sons, les odeurs. Tout était insoutenable. J'étais tellement désorienté que je n'arrive même pas à me souvenir combien de temps je suis resté là à contempler la rue de mon enfance, puis le silence. Pas un bruit, pas une âme. Personne.

C'est la faim qui m'a poussé à avancer, la peur aussi. J'ai entendu des coups de feu au nord-ouest, y avait pas le choix, j'ai rebroussé chemin pour partir en sens inverse.

Je sais pas combien de temps j'ai marché. J'ai l'impression d'avoir perdu la fin de ma lucidité. J'ai l'impression d'avoir erré des jours, mais peut-être que pas du tout. J'ai finalement reconnu une odeur, quelque chose de différent. Pas une odeur acre de sueur, ni la putréfaction se dégageant d'un zombie. Non, quelque chose de doux, de fragrant, comme le poulet roti du dimanche matin que Ma' préparait après avoir visité l'église.

J'ai pas réfléchi. Faut dire, mes profs d'école aimaient bien me dire que je réfléchissais pas beaucoup.

J'ai remonté l'allée, fouillé une carcasse de voiture et trouvé un fusil. Je sais même pas comment on charge cette affaire, mais je l'ai pris. Même si je sais pas comment me défendre, j'allais pas en plus avoir l'air sans défense! C'est un peu tremblant que je suis arrivé à la barrière, je pointais mon fusil partout jusqu'à ce qu'un gars avec une moustache impeccable et un drôle d'accent m'accoste. J'ai pas eu le temps de comprendre qu'il pointait son arme sur moi et pour sur la sienne devait être chargée! Il tirait une drôle de mine, je sais pas, il avait l'air triste. Quand j'ai fini par déposer le fusil en lui disant que je l'avais trouvé dans l'allée, il m'a dit de le suivre dans la maison. J'avais beau crever de trouille, j'avais encore plus faim. Quand je suis rentré dans sa maison, leur maison, je me suis rendu compte que je devenais pas fou. Y avait un rôti qui refroidissait dans le four et de la nourriture plein le frigo. Puis de l'électricité! Denis m'a servi une assiette bien généreuse en me parlant des trois autres gars avec qui il vit, il m'a donné un endroit où dormir et j'ai pas posé de question sur le tas de terre fraiche au fond du jardin. J'arrive qu'à penser au petit-déjeuner malgré mon estomac plein à craquer.