
Yume a 25 ans. Métisse sino-caucasienne, pas du tout portée sur le sport, elle a toujours eu un caractère bien trempé — impulsive, une vraie tête brûlée qui fonce avant de réfléchir. Son truc, c'était les jeux de farming, même si à ses débuts elle était une catastrophe : impatiente, brouillonne, elle a réussi l'exploit de faire crever des cactus, pourtant réputés increvables. Mais elle s'est accrochée, par entêtement plus que par vocation, et a fini par développer un vrai attrait pour les plantes — sans jamais devenir la patience incarnée pour autant.
Quand l'épidémie a été déclarée, ses parents ont disparu dans le chaos, sans qu'elle sache jamais ce qu'il leur était arrivé. Ce jour-là, écrasée par la panique et la perte, elle a tenté de mettre fin à ses jours. Au moment de passer à l'acte, la douleur l'a stoppée net — elle a paniqué, incapable d'aller jusqu'au bout, se laissant une entaille superficielle. Elle en a honte aujourd'hui, un poids qu'elle garde pour elle et qu'elle n'évoque jamais : ni la tentative, ni le moment de faiblesse qu'elle y associe.
Ironiquement, c'est avec les animaux — et non les plantes — qu'elle a trouvé un vrai apaisement. Leur présence la calme, la recentre, absorbe une partie de cette énergie bouillonnante qu'elle a du mal à canaliser seule.
Son caractère de tête brûlée ne s'est pas arrangé avec l'apocalypse — au contraire, elle s'est endurcie, parfois cassante, à fleur de peau. Pas franchement patiente ni combative au quotidien, elle évite les embrouilles quand elle peut. Mais quand elle atteint le point de non-retour, cette impulsivité refait surface d'un coup, brute et incontrôlable.