“Je crois que j'ai pas que des fans dans le groupe”


Hunter était là ce matin. C'était bizarre de le croiser dans la maison. Il m'a salué puis il a continué sa conversation avec Denis comme si j'étais pas là. Je me sentais con planté là. Alors, je me suis lancé dans mes tâches de la journée. Si Ma' et Pa' me voyaient, ils ne me reconnaitraient pas. Dans ce nouveau monde, y a plus de jeux vidéos ou de vidéo store pour passer son temps à rien faire.

Il a commencé à neiger! C'était magique! Mais très vite, la réalité nous a rattrapé. L'air est devenu glacial, j'étais bien content de m'être cousu une combinaison pour me tenir au chaud. Denis aussi n'avait pas l'air trop dérangé. Faut dire que de la où il vient, il doit avoir l'habitude d'une météo pareille. Hunter, de son côté, semblait frigorifié. Il avait soudainement l'air bien content que je sois là quand je lui ai allumé un bon petit feu en lui montrant l'espace de séchage de la grange. Il est pas très bavard, mais j'ai l'impression qu'il commence doucement à s'habituer à moi.

Denis veut une armure d'os. C'est un fait. Une mission et le centre de mes journées. J'ai commencé à coudre des petits trucs ci et là et graver des os pour prendre la main. Denis a ramené de nouveaux sacs de tissus puants. J'ai rempli la benne du camion et je suis parti les laver. Je les entendais parler avec Hunter, mais ça semblait pas me concerner donc je suis resté à distance pour pas m'immiscer. J'ai fait un tour à la rivière pour nettoyer mes sacs de tissus et quand je suis revenu, ils étaient plus là. Y avait un petit mot qui m'indiquait leur destination en me disant de les rejoindre.

Quand je suis arrivé, y avait des zombies partout. J'ai éclaté le parebrise de la bagnole en écrasant un Z dont le bras a traversé la vitre. Je suis arrivé en fanfare et quand je suis sorti de la camionnette j'ai du en découdre. J'ai pas la forme comme les deux autres, ça m'a épuisé. J'ai retrouvé Hunter dans un garage, il m'a regardé bizarrement. Lui aussi semble ne pas apprécier que j'utilise le camion, pourtant il a rien dit. J'ai voulu faire une blague, mais je pense que c'est pas passé. De toute façon, j'ai l'habitude de me parler à moi-même.

On a fait le plein de ressources, Denis et Hunter semblent posséder une coordination quasi militaire. Pour rire, j'ai lancé un "FBI, open up!" quand un des deux à ouvert une porte. Vu le regard glaçant que je me suis pris, je pense que c'est plutôt mal passé. En allant chercher ma voiture, j'ai été rattrapé par une bande de Z que j'arrivais pas à repousser. Soudainement, sorti de nulle part, Hunter est arrivé avec sa batte. J'avais jamais vu ça. Je me demande s'il était pas joueur de baseball dans une autre vie. Il a déboité la mâchoire d'un, défoncé le crâne de l'autre. J'aimerai pas être de l'autre côté de sa batte.

En rentrant, Hunter m'a fait une queue de poisson. Je crois qu'il essayait de me faire faire une sortie de route. Honnêtement, j'avais trop peur de lui en toucher un mot, donc en sortant du camion j'ai rien dit.

Je commence à me dire qu'il m'apprécie pas beaucoup.

Une fois que j'ai eu vidé la benne de mon camion, les bras pleins de rouleaux de tissus, je me suis directement lancé sur la préparation de l'armure. J'ai commencé par couper des chutes, mesurer l'étoffe, tracé quelques marques avant de toucher aux os soigneusement rangé dans une caisse. Je sais pas qui occupait cet atelier avant moi, mais ça devait être quelqu'un de minutieux. Contrairement à moi qui jette tout sans regarder où ça tombe. Alors que j'étais en train de préparer les os, Hunter a appelé tout le monde pour passer à table. Denis a installé la table, Bruce est sorti de je ne sais pas où et Hunter a amené les plats. Malgré le froid canard, on s'est retrouvé dehors, un repas chaud, une part de tarte et un verre d'alcool pour se détendre après une autre journée fructueuse. Une autre journée où on a survécu.

Peut-être que dans le fond, je commence vraiment à faire partie du groupe.