1993-07-16 “L'enfer du Gun Mart”


Un type a remonté l'allée sans prévenir, il avait rien avec lui. Pas de baluchon, pas d'armes. J'ai sorti mon flingue sans vraiment y penser, depuis la mort de Chuck je me sens tendu, trop prompt à réagir. C'est finalement Denis qui s'est occupé des présentations, en baragouinant quelques mots d'anglais, me jetant des regards quand il arrivait pas à articuler sa pensée. J'ai comblé les trous comme je pouvais, je sais pas ce qui me prend ou pourquoi j'ai réagit comme ça. Je m'en veux un peu, c'est pas comme ça qu'on m'a éduqué. Mais le monde dans lequel on m'a éduqué n'existe plus.

Hunter s'est aisément inséré dans notre groupe, comblant maladroitement un vide qu'on ne voulait pas nommer. Dans cette nouvelle vie, les journées sont sans fins, les nuits sans repos. Le monde a vraiment plus de sens. Je me suis retrouvé au volant d'une voiture, paraît que y a des chevaux sous le capot, j'ai été cherché des clopes et des vivres. Les clopes pour mes nerfs. Qu'est-ce que dirait mon père de ce que je suis devenu. Ca fait même pas une semaine que je suis parti.

Y avait un mec, un peu bizarre, au motel. On s'est retrouvé bloqué ensemble à cause d'un boucan d'enfer attirant les zombies. Je l'ai ramené, je pense pas que j'aurais pu le laisser derrière, même s'il sentait un peu bizarre. Il est venu avec Hunter et moi visiter les alentours, déblayer de nouvelles zones. Il est pas très adroit, mais il fait de son mieux.

On a été au Gun Mart avec Hunter, on a laissé notre nouvel arrivant à la maison, il était pas prêt pour une mission comme celle-là. Y avait tellement de Z que j'ai abandonnée l'idée de les compter. On s'est mis à taper, les attirant les uns après les autres. Puis on l'a entendu, Denis, au volant d'un bolide rugissant qui attira une horde nous prenant de revers. Pendant une seconde je pouvais me remémorer la fatigue de ce jour-là, c'était y a si peu de temps. On s'est éloigné avec la voiture puis on a recommencé à se frayer un chemin. On a eu beau déblayer l'entrée, il en restait toujours plus. On s'est même fait quelques frayeurs.

Finalement, on a battu en retraite, retournant à la voiture avant de se trouver une maison le long de la route de retour. Je suis rentré en premier, le cœur au bord des lèvres. Y avait un étage, ça paraît naïf, mais j'avais besoin d'y aller. Besoin de m'assurer que y avait personne, que ça n'arriverait à personne. L'étage était vide, la vie à continuer. Ca ne fait pas une semaine que j'ai quitté la communauté et je ne me reconnais déjà plus.