1993-07-13 “La Géhenne”


Je ne sais pas comment elle a réussi à se procurer des billets, mais elle m'en avait donné assez pour payer une semaine au motel. Juste de quoi trouver un travail en ville, commencer une nouvelle vie. Honnêtement, les premiers jours, je n'ai pas quitté ma chambre. Je contemplais le plafond et la tâche d'humidité en forme de croissant de lune au dessus de mon lit. Dehors, il y a le monde. Un monde auquel je ne comprends rien.

Le troisième jour, j'ai émergé, espérant trouver le courage de recommencer. De l'autre côté de la porte, ne m'attendait que le chaos. J'ai abandonné mon monde, pour être témoin de la chute d'un autre.

Des êtres désincarnés, des horreurs arrachés à nos histoires d'enfants, sont sortis du bois derrière le motel. Dans la cohue, un couple m'a bousculé et je suis tombé tête la première. Un bougre aux cheveux longs, les traits amiables biens qu'un peu bourrus m'a aidé à me relever. Sans réfléchir, je l'ai suivi avant qu'on tombe sur un gars à l'accent incompréhensible. Très vite, ils ont pris les choses en main sans même se parler. Face à l'indicible y a pas vraiment de mots. Rapidement, je me suis retrouvé une arme entre les mains, on a fait le plein de ressources. On m'a donné des vêtements un peu trop grand, un peu épais, de quoi passer la nuit.

On s'est trouvé une maison... Pour quoi faire ? Je sais pas vraiment.