“La grange, la maison et la vie qui avance”
Ca fait un moment que je n'ai pas pris le temps d'écrire quelque chose...
Les jours s'enchainent et ne se ressemblent pas. Je ne savais pas qu'on pouvait être si occupé. Je crois que ça doit faire une semaine, deux peut-être que je n'ai pas écrit. Il s'en est passé des choses, je ne sais pas vraiment par où commencer.
On a été chasser avec Hunter. Ca m'a fait bizarre de sillonner la forêt à la recherche d'une bête. J'ai beau avoir appris à tirer sur des Z, c'était différent. On m'a appris à m'occuper des bêtes, pas à les traquer. Pourtant, Hunter m'a dit que j'avais peut-être un don. Je suis tombé sur deux groupes de biches, par contre même en vidant mon chargeur j'en ai pas touché une seule. Dans le fond, je préférais que ça soit comme ça. J'ai crié après Hunter pour qu'il me rejoigne, c'était con, elles se sont enfuies à cause de tout le bruit que j'ai fait. C'est un chic type Hunter, il a rigolé un bon coup, s'amusant de mon manque d'expertise avec la carabine qu'il m'avait mis entre les mains. Il a dit qu'on aurait qu'à prétendre que c'était une balade dominicale. Un moment de répit au milieu d'un monde éviscéré par le chaos.
La vie à repris. Il faut mettre de la nourriture sur la table, entretenir notre maison de fortune, s'armer toujours plus. Quelques jours après ce dimanche de quiétude, ou peut-être que c'était quelques jours avant. Je sais plus. C'est compliqué ces jours-ci de se souvenir dans quel sens va la vie. Bref, on est parti au sud-est avec Denis et Hunter. Denis m'avait rafistolé la carlingue de mon camion de pompier et je les ai suivi jusqu'à une usine. Y avait des zombies à perte de vue. On a fait la seule chose qu'on pouvait faire dans cette situation, tirer dans le tas. Encore plus de Z sont apparus de tous les côtés, on aurait cru une marée, une condamnation biblique. On s'est séparé et je me suis retrouvé seul à tirer dans le tas. J'avais beau décharger mon pistolet, les Z se relevaient comme si je les avais à peine effleurés. J'ai fini par sortir ma batte et les terminer au corps à corps. J'ai cru ce soir là que j'allais en perdre les bras tellement j'avais mal d'en avoir tués autant.
Il a fallu que j'abandonne ma camionnette sur la route, elle redémarrait pas. Foutu tas de ferraille. La technologie qu'ils disent les autres. Mon cheval m'aurait jamais lâché comme ça. Denis m'a promis qu'il me réparerait le véhicule ou qu'il m'en trouverait un autre. C'est vraiment un chic type, c'est dommage qu'on se comprenne pas tout à fait et qu'il part tout le temps en vadrouille.
On est retourné à la chasse avec Hunter, même constat, même conclusion. On est rentrés bredouille après une journée dans les bois. On a quand même croisé une biche, mais le temps qu'Hunter lève son fusil, la bestiole avait déjà détallé. On en rigole pour le moment, mais va falloir qu'on s'améliore... Un jour la nourriture risque de venir à manquer.
Ce que je préfère, dans notre quotidien, c'est le temps qu'on me laisse pour travailler autour de la maison. Je me suis construit une petite grange derrière le parking. Quelque chose de solide. Des murs pas trop hauts, un plancher en bois et tout mon matériel. On a installé un crochet de boucher dans un coin après avoir été récupérer une vache avec Hunter. Il a été dévasté quand son petit s'est jeté sous les roues de la voiture alors qu'on embarquait sa mère. Il fait les durs, mais il a un cœur pur le Jamieton. J'écris ces mots après avoir presque terminé mon édifice. Je me suis blessé à la jambe en tombant du toit. Une blessure idiote alors que Bruce bossait dans son atelier à l'autre bout de la propriété. Je crois qu'il m'a entendu bêler de douleur et il a rappliqué aussi vite. Heureusement, je pense pas que j'aurais su me relever sans lui. Sans rien me demander, il a carrément démonter l'escalier branlant que j'avais pas fini pour que je puisse recommencer au propre une fois ma jambe en meilleur état. J'ai fini le plafond ce matin même, je pense que mon père serait pas peu fier de ce que j'ai réussi à monter avec le matériel qu'on a trouvé à gauche et à droite. Je me demande comment ils vont tous à la maison. Même si je me sens bien ici, ma famille me manque.