1993-07-15 “La légende de Chuck McCoy”


2 Samuel 1:25

" Comment des héros sont-ils tombés au milieu du combat?

Comment Jonathan a-t-il succombé sur tes collines? "

Y a à peine deux jours qui se sont passés depuis le début de cet enfer, mais c'est comme si toute une vie s'était écoulée. On se parlait de pas grand chose avec Chuck, c'est un peu difficile de comprendre Denis, mais ça fonctionnait. On avait beau ne pas se connaître 48h plus tôt, on arrivait à ce que ça roule.

Chuck a trouvé un camion à une station essence, il m'a laissé avec la voiture à l'attendre. Je savais pas quoi faire, mais je doutais pas du fait qu'il reviendrait. Il avait l'air tellement serein quand il est parti. Il est revenu avec un truck, on aurait dit un objet sorti tout droit des enfers. Il était sincèrement heureux à l'idée de surprendre Denis avec, faut dire qu'il était rempli d'armes. On avait aucune idée de comment attacher la remorque par contre, mais il aura pas fallu longtemps à Denis, une fois au volant, pour aller récupérer sa remorque et revenir triomphant.

C'est triomphants qu'on a pris le camion pour aller à Brandenburg. J'avais jamais vu que les abords de la ville avec ma famille, ça m'a fait bizarre de rentrer dedans. Voir tous ces corps, sans âme. Ces gens errants sans salut.

On s'est retrouvé bloqué par des travaux sur la route, il a fallu sortir précipitamment en repoussant les zombies qui nous acculaient en masse. Je me suis retrouvé à contourner l'école, seul, avant de retrouver Chuck et Denis dans la cours. A partir de là, je me souviens de rien juste d'avoir donné des coups jusqu'à ce que l'épuisement ne me donne des crampes au bras. Je n'avais jamais vu autant de violence, jamais été source d'autant de violence. La nuit tomba, le reste de notre énergie aussi, on s'est retrouvé dans une maison avec Chuck, sans savoir ou Denis avait filé. Sans un mot, je suivais Chuck le temps qu'on sécurise la maison, on a fait le tour du rez-de-chaussée. Puis on est monté, ça a été si vite.

Il a ouvert la porte, on a pu entendre le claquement de dents si distinctif des Z, puis la porte s'est refermée sur lui. Quand elle s'est rouverte, le Z était à terre et il se tenait le cou pour que le sang cesse de gicler partout. J'ai fait un bandage avec ce que j'avais dans le fond de mon sac, mais je pouvais pas ignorer la marque de dents qui était maintenant gravée dans sa chair.

Je sais pas vraiment comment on est rentré. Comment Denis nous a retrouvé. On est rentré dans le silence, quand on est arrivé je savais pas quoi faire de mes mains à part tailler un semblant de pelle pour faire un trou décent. Assez grand pour qu'on ait la place de l'allonger confortablement, assez profond pour que des animaux aient pas l'idée de le déterrer. Il méritait mieux que ça.

Je sais pas s'il croyait en quelque chose, mais c'était un homme bien. Je sais pas s'il aurait aimé ça, mais je pouvais pas laisser sa tombe sans stèle. Je lui ai fait une croix avec son nom, pis un verset de Samuel.

Le silence a un autre goût depuis qu'il est plus là.