“Le jour où tout a changé”
Je me suis réveillé ce matin dans le motel où j’avais passé la nuit, de retour de Brandenburg. J’y étais descendu pour chercher de nouveaux contrats après le passage de la tornade. À l’époque, c’était encore ça qui me préoccupait : les dégâts, les exploitations à remettre en état, les équipes à organiser.
Ma voiture avait disparu.
Volée.
J’ai eu beau faire le tour du parking et demander au gérant, rien à faire. Comme si ce n’était pas déjà assez compliqué avec tout ce qui se passe dehors.
Il restait un autre client au motel. Un jeune gars, plutôt désœuvré, mais qui m’a l’air débrouillard. Pas vraiment le genre à rester les bras croisés en attendant que les choses s’arrangent. Il est manuel, ça se voit. On a discuté un moment et, plutôt que de chacun partir de son côté, on a décidé de faire un bout de chemin ensemble.
On a pris la direction du sud à pied.
Un peu plus loin, on est tombés sur un magasin de chasse et d’armes. Dans les circonstances actuelles, ça aurait été idiot de passer notre chemin. On a récupéré de quoi nous défendre et quelques fournitures utiles.
Puis Buck a trouvé une voiture encore en état de rouler.
Une vraie chance.
Plus besoin de marcher.
Nous avons pris la KY-60 vers le sud, histoire de voir jusqu’où la route pouvait nous mener et surtout de comprendre ce qui se passait réellement. En chemin, nous avons fait quelques haltes dans des maisons isolées pour chercher de quoi manger et boire. Nous avons passé les nuits dans certaines d’entre elles, en essayant de dormir quelques heures avant de repartir.
C’est difficile à décrire.
Toutes ces maisons vides.
Des pièces encore pleines des affaires de leurs occupants, des photos sur les murs, des vêtements dans les placards… mais plus personne pour les utiliser. Et dehors, ces choses.
Elles sont partout.
Elles ont pris la place de nos voisins, de nos collègues, de nos amis.
Je ne sais pas ce qui est arrivé aux gens que je connais. Je préfère ne pas y penser pour le moment.
Vu leur nombre, continuer vers le sud ne me paraît pas être la meilleure idée. Nous avons donc décidé de bifurquer vers l’ouest, en direction d’Ekron.
C’est une petite bourgade. Il devrait y avoir moins de monde là-bas.
Et, avec un peu de chance, moins de ces choses aussi.