“les vagabonderies estivales”


Le temps passe vite, entre expédition en ville et le travail à la maison.

Chuck a décidé de se faire une armurerie blindée. Selon lui, y a rien de plus important dans l'apocalypse que d'avoir un stock d'armes pour se défendre. Je pense que quelques bêtes c'est pas mal. Il a soupiré quand il a vu l'enclos sommaire que j'ai fait pour les quelques poulettes que j'ai trouvé un jour en me baladant. J'étais pas peu fier, mais dans le regard d'un mec qui travaille le bois, mon installation de fortune à des allures de château de sable prenant l'eau. Je comprends, mais il avait pas besoin de rouler des yeux en me pointant le début de clôture qu'il avait fait à l'autre bout du jardin. J'en savais rien moi qu'il voulait faire l'enclos à bétail là. Je me souvenais pas qu'il l'avait dit. Thorgar était même pas là pour nous départager dans notre escarmouche.

On est parti en excursions à trois. Toujours avec le même but, trouver plus de choses pour nous aider à survivre. On a roulé jusqu'à Brandenburg et j'étais pas peu fier de pointer du doigt les Zeds que j'ai pu faire tomber sur le chemin. Y en avait 35 si j'ai bien compté. Ca a pas eu l'air d'épater Thorgar. Faut dire qu'on l'a recouvert de sang après avoir fait un voyage du nord de l'état jusqu'à chez nous. Je leur ai montré la remorque que j'avais vu rapidement en me procurant le camion-citerne. On est pas resté longtemps, y avait trop de Zeds autour du centre commercial. On a continué à se faufiler entre les corps sans vies mais animé, jusqu'à tomber sur une autre voiture se déplaçant dans la masse. Encore un Hastos. Il nous a aidé à nettoyer le parking d'un petit établissement puis nous a demandé de lui trouver de l'essence. Chic type, un peu chétif. J'ai fait le tour des réservoirs, Chuck s'est trouvé une nouvelle bagnole et on a pu repartir dans notre nouveau convoi. Enfin, repartir jusqu'à ce que j'éclate notre ancien modèle. C'était pas beau à voir. Doit y avoir un problème sur le démarreur ou peut-être la batterie. La bagnole n'arrêtait pas de caler et de ramer au démarrage. J'ai cru que j'allais finir par devoir la pousser jusqu'à la maison. Quand j'ai ouvert le capot, restait plus grand chose à récupérer tellement le trajet lui avait grillé ses dernières ressources. Faudrait qu'on se procure de meilleurs véhicules. Peut-être bien qu'il faudrait partir en expédition spécifiquement pour ça.

J'ai du chopé une sale grippe, j'ai passé des journées au lit avec la fièvre et pas les trucs de ma grand-mère pour m'aider à garder ce que je mangeais dans le ventre. Le temps est passé tandis que mon quotidien se partageait entre sommeil et des heures passées à contempler le plafond. Avant que je ne le remarque, août était arrivé. Chuck avait déjà rénové une grande partie de la maison. C'est surement pour ça que j'avais l'impression qu'on m'enfonçait des clous dans le crâne dans mon sommeil. Il a ramené une vache et un bœuf. Deux belles bêtes qui vont certainement nous permettre de bien tenir l'hiver. Je sais pas trop ce qu'à fait Thorgar pendant ce temps, mais c'est un esprit libre. Ca sert à rien de chercher à le comprendre.

Vu que Chuck était parti quelque part, on a décidé de redémarrer pour Brandenburg à la recherche de livre. En voyant le centre commercial, j'ai pas pu m'empêcher de m'arrêter. Y avait cette remorque aux allures militaire qui me faisait de l'oeil. J'ai été tuer les Zeds autour et quand je me suis retourné Thorgar était déjà à l'entrée à ouvrir les portes du centre commercial. On a nettoyé la zone petit à petit, j'ai senti une paire de machoire s'arrêter sur mon épaule et le bruit du tissu se déchirant. Quand j'ai repoussé la personne cherchant à me manger, j'ai senti le soulagement me prendre car y avait juste le tissu qui s'était déchiré, la peau en dessous était lisse. J'ai vraiment cru y laisser ma peau.

Thorgar a fait la même chose quelques heures plus tard. Sans un bout de tissu sur le dos. La plaie était moche, mais pas de morsure, juste une sale lacération qui m'a donné envie de vomir dans une poubelle à proximité. On est repartis vers un quartier pavillonaire, le temps de retrouver une bagnole, nettoyer une église à la recherche de la clé du hummer militaire dans le parking pour finir par rentrer bredouille. Il était pas trop trop content le Chuck quand on est rentrés d'avoir pris la seule bagnole potable de notre petit foyer. Il est temps de retaper des épaves. Faut vraiment que je m'améliore en mécanique.