“Un caribou, du travail et de la fatigue”


J'ai du me méprendre quelques part. Je me suis levé pour la première fois depuis longtemps le ventre plein, plus d'énergies que les dernières semaines. Je me suis trainé jusqu'à la cuisine où Denis m'attendait déjà avec une assiette tiède. Faut croire qu'on se lève tôt par ici.

On est monté dans sa voiture, il m'a amené en excursion avec lui et j'ai suivi sagement. Je pense que j'ai du pousser un cri quand soudainement des zombies ont entourés sa voiture, mais je me suis pas évanoui !

Sur le chemin du retour, il m'a demandé en quoi j'étais doué avec son accent à couper au couteau et ses grands mouvements des mains pour se faire comprendre. Pas grand chose honnêtement. J'imagine que jouer à des jeux d'arcades ça sert plus à grand chose dans cette vie ci. Il m'a amené à la grange et m'a expliqué deux trois choses. J'ai remarqué les tombes dans le jardin, mais j'ai rien dit. J'avais beau essayé de ne pas le regarder, la terre labourée n'avait de cesse d'attirer mon regard.

On a croisé Bruce, il était sympa. Un mec carré avec du vocabulaire et des airs du coin. Une histoire folle! Se réveiller d'un lendemain de soirée tout droit dans l'apocalypse, il est rock and roll. J'ai pas trop parlé de ce qui m'était arrivé, c'est moins glorieux. Puis, dans le fond, je les connais pas vraiment.

Denis, c'est pas un mauvais bougre, mais je le connais pas assez pour trop savoir comment lui parler. Pour le moment, il a des airs de golden retriever déprimé. Je crois que je voulais lui remonter le moral, c'est pour ça que j'ai pris le marteau l'air faussement serein. Si Ma' pouvait me voir, elle pleurerait de rire. Pourtant, j'ai pas peu fait le fier quand il est revenu une heure plus tard en me disant que c'était pas trop mal. Bon, rien avoir avec la qualité du travail du précédent locataire des lieux, je crois même que j'ai monté que des murs troués cette après-midi là, mais ça tenait. C'est déjà ça.

En vrai, plus j'écris plus j'ai mal. J'ai les mains qui crampent tellement j'ai plantés de clous aujourd'hui. Chaque fois que je voulais m'asseoir où me cacher dans un coin, soudainement Denis apparaissait comme un clébard des enfers venu me forcer à travailler. C'est pas une vie! On a bientôt fini la bergerie et le premier étage est presque colmaté. Si on continue comme ça je vais mourir de fatigue avant de me remplumer!

J'ai gober mon assiette plus que ce que je ne l'ai mangé ce soir. J'aimerais continuer à me plaindre, mais je suis épuisé.